Israël : reprise des fouilles d’un palais des califes omeyyades

Khirbat al-Minya est un site du début de l’ère islamique, qui se situe aujourd’hui sur les rives de la mer de Galilée, en Israël. Les califes omeyyades Walid Ier (705-714) et Walid II (743-744) y ont fait construire un palais, qui fut très endommagé par un séisme important dès 749.

Ruines du palais. Credits Bukvoed - CC by SA.
Ruines du palais. Credits Bukvoed – CC by SA.

Le site a déjà fait l’objet de fouilles par des archéologues allemands entre 1932 et 1939, qui ont permis de clarifier l’histoire du palais et du peuplement du site au VIIIe siècle. La guerre avait cependant interrompu ces recherches, qui ont été reprises seulement en septembre 2016 sous la direction du Dr. Kuhnen, de l’université Johannes Gutenberg de Mainz.

Les campagnes poursuivent deux objectifs : préserver les vestiges découverts, qui se détériorent depuis leur dégagement dans les années 30, et poursuivre les recherches autour de deux axes principaux : déterminer quelle fut la fonction du palais après le séisme de 749, et savoir à quoi ressemblait le site avant l’ère pré-islamique.

Les fouilles récentes ont permis de répondre à ces deux questions. Ainsi, l’étude des couches les plus profondes a montré que le paysage avait connu deux transformations majeures entre l’ère romaine et l’ère islamique. Les conditions météorologiques semblent en effet avoir provoqué deux glissements de terrain qui ont recouvert le site, enfouissant ainsi les vestiges de peuplement pré-islamique. Par ailleurs, les fouilles ont montré que le palais, qui était toujours en construction lors du tremblement de terre de 749, n’a plus été utilisé par les califes par la suite, probablement du fait de l’importance des dommages subis.

Il n’a pourtant pas été abandonné pour autant : entre autres découvertes, une petite bouteille de verre d’un diamètre de 1,2 cm, portant l’inscription en arabe « Gloire à Allah », montre que l’endroit était utilisé par des marchands musulmans commerçant des objets de grande valeur.

De plus, les archéologues ont pu fouiller un centre de traitement de canne à sucre, dégageant couche par couche un système d’ébullition utilisé pour produire de la mélasse à partir de la canne à sucre, ce qui promet une meilleure compréhension des procédés de distillation utilisés à l’époque.

Au Moyen-Age, la culture de la canne à sucre s’est rapidement développée dans la région, entraînant un enrichissement rapide de la Terre Sainte, mais causant aussi à terme la désertification de grandes portions de terre de la région.

 

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