Des fouilles illégales à Abydos en Egypte livrent un relief vieux de 2300 ans

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Le bloc retrouvé, portant le nom de Nectanébo II. Crédits: Ministère des Antiquités égyptiennes.

Le ministère des Antiquités égyptiennes a rapporté l’arrestation de deux hommes pour avoir mené des fouilles illégales à Abydos, à environ 400 km au sud du Caire. C’est lors de l’inspection de la maison de l’un d’eux que les autorités ont constaté l’existence d’un trou de quatre mètres de profondeur, au fond duquel se trouvait un relief portant le cartouche du dernier pharaon d’origine égyptienne, Nectanébo II (-360 à -343).

Abydos, un site archéologique majeur.

Cet acte de pillage n’a pas été commis n’importe où : la maison se situait au-dessus des vestiges de l’antique cité d’Abydos, un centre religieux très ancien et de la plus grande importance dans l’Égypte ancienne. On y trouvait notamment un grand sanctuaire consacré à Osiris, l’un des principaux dieux du panthéon égyptien, et de nombreux pharaons y firent édifier leur tombe. De nombreux vestiges de ce passé prestigieux sont toujours visibles, comme le temple d’Osiris construit par Séthi Ier ou la pyramide d’Ahmôsis.

Les campagnes de fouilles qui sont régulièrement menées dans la zone livrent aussi de belles découvertes archéologiques, comme celle de 120 gravures de navires près de la tombe du pharaon Sésostris III, ou d’une cité et d’une nécropole vieilles d’environ 5300 ans.

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Vue du temple dédié à Osiris et élevé par Séthi Ier (-1294 à -1279)  à Abydos.

Un bloc portant le nom de Nectanébo II.

Le bloc gravé se trouvait au fond, à près de quatre mètres de profondeur, et remonte à l’époque du pharaon Nectanébo II (-360 à -343). Il fut le dernier pharaon de la basse époque égyptienne, et aussi le dernier d’origine égyptienne à avoir régné sur la vallée du Nil. Il échoua à contenir les ambitions des Perses qui envahirent le pays, peu de temps avant qu’Alexandre le Grand et les Macédoniens ne viennent à leur tour conquérir la région.

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Isis et Nectanébo II, Sérapeum de Saqqarah, auj. au Louvre.

Abydos ne comprend que peu de vestiges connus de cette période, mais des fouilles récentes ont mis au jour un temple érigé par Nectanébo Ier et son petit-fils Nectanébo II. Ces deux pharaons furent par ailleurs de grands bâtisseurs, et il est possible qu’ils aient lancé d’autres chantiers à Abydos, qui semble avoir souffert de destructions durant la domination perse. Les autorités égyptiennes ont annoncé qu’après l’expropriation des habitants de la maison, des fouilles seront menées sur les lieux. Peut-être permettront-elles de déterminer à quel édifice appartenait le bloc de pierre retrouvé.

Les fouilles illégales, un fléau endémique.

Cette affaire, loin d’être isolée, rappelle que le pillage et les fouilles illégales à Abydos comme ailleurs restent endémiques en Égypte, et ce malgré des lois très strictes en la matière. L’appât du gain reste cependant une puissante motivation dans un pays qui reste pauvre, situation aggravée par une véritable explosion démographique. Aujourd’hui, l’Égypte compte 92 millions d’habitants, soit 24 de plus qu’en l’an 2000. Cette croissance ininterrompue entraîne aussi une pression importante sur le patrimoine archéologique égyptien, qui alimente un marché noir principalement destiné à l’exportation.

Durant ces derniers mois, de nombreuses affaires de pillage ont ainsi été rapportées dans les médias. Si quelques œuvres retrouvées à l’étranger sont régulièrement rétrocédées aux autorités égyptiennes, il ne s’agit certainement là que de la (petite) partie émergée de l’iceberg.

 

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