Colosse brisé de Ramsès II découvert à Héliopolis, près du Caire

Le nom d’Al-Matariya, un district de la banlieue est du Caire, ne vous évoquera probablement rien. Pourtant, à cet emplacement se trouvait l’une des villes les plus anciennes et importantes de l’Egypte antique : Iunu; mieux connue sous son nom grec d’Héliopolis, la cité du soleil. Il n’en reste que peu de vestiges, mais l’urbanisation galopante fait resurgir ponctuellement des traces de son brillant passé. La découverte d’un colosse vieux de plus de 3000 ans et représentant Ramsès II s’ajoute à une liste de plus en plus longue de vestiges archéologiques exhumés ces dernières années.

Une statue colossale de Ramsès II

La statue brisée de Ramsès II découverte sur le site d’un temple de l’ancienne Héliopolis.

Elle a été découverte par une équipe d’archéologues égyptiens et allemands, sur le site d’un temple édifié par Ramsès II et localisé durant ces dernières années. La statue, faite en quartz, a été retrouvée brisée et baignant dans l’eau de la nappe phréatique. Plusieurs morceaux ont été dégagés : le buste, la partie inférieure du visage, la tête, la couronne et l’oreille gauche, ainsi qu’un fragment de l’oreille droite.

Le contexte archéologique de la découverte rend l’attribution de cette statue à Ramsès II très probable. Pharaon de la XIXe dynastie, il régna pendant 66 ans et étendit son empire vers la Nubie et le Proche-Orient. Ce fut aussi un constructeur prolifique. Il fonda notamment une nouvelle capitale à Pi-Ramsès, où un complexe monumental vient d’être découvert, mais couvrit aussi le reste du pays de monuments somptueux. Sa momie, découverte en 1881, se trouve aujourd’hui au musée du Caire, tandis que des restes momifiés conservés au musée de Turin ont récemment été identifiés comme étant probablement ceux de son épouse Néfertari.

Fragment d’obélisque découvert sur le site et portant le cartouche de Ramsès II (en bas à droite).

Ce n’est pas la seule découverte réalisée par les archéologues : la partie supérieure – mesurant 80 cm – d’une statue à échelle humaine du pharaon Séthi II, le petit-fils de Ramsès II, ainsi qu’un fragment d’obélisque, ont également été découvert.

Des vestiges menacés par l’urbanisation

Durant l’antiquité, la ville d’Héliopolis fut l’une des principales cités d’Egypte, sanctuaire du dieu soleil Rê, et demeura un centre culturel important jusqu’à l’époque ptolémaïque. Puis la ville fut abandonnée à la fin de l’antiquité et ses ruines servirent ensuite de carrière, ce qui explique que peu de vestiges en soient visibles.

Urbanisation archéologie Héliopolis
Le site de la découverte, au milieu de bâtiment en construction. La croissance urbaine dans la banlieue du Caire provoque la disparition de nombreux vestiges antiques.

De plus, le développement rapide de cette zone en périphérie du Caire fait rapidement disparaître les vestiges antiques qui demeurent dans son sous-sol, occasionnant cependant ici et là quelques belles découvertes, comme celle de la tombe d’un prêtre de la 26ème dynastie (-685 à -525) contenant plus de 400 figurines en 2004, ou d’une statue de 5 tonnes en granite rose en 2006. C’est cette dernière trouvaille qui a conduit une équipe allemande à identifier plusieurs vestiges comme appartenant à un temple édifié sous Ramsès II, auquel pourrait aussi appartenir ce colosse brisé.

Une fois restauré, celui-ci devrait trouver une place dans le nouveau grand musée égyptien du Caire, dont l’ouverture est prévue en 2018.

 

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