A Guizeh, une statue et un obélisque rappellent une puissante reine de la VIe dynastie

Le plateau de Guizeh constitue depuis longtemps l’une des plus grandes nécropoles de l’Ancien Empire égyptien. Deux découvertes datant de la VIe dynastie, une tête de statue en bois et un fragment d’obélisque seraient liées à la reine Ankhesenpepi II, épouse de deux pharaons et mère d’un troisième, qui fut l’une des femmes marquantes de cette époque peu connue.

La VIe dynastie et le déclin de l’Ancien Empire.

Ces découvertes ont été réalisées près des grandes pyramides de Guizeh, édifiée durant la IVe dynastie, même si les dynasties suivantes préfèrent généralement les sites d’Abousir et de Saqqarah, plus au sud, pour y faire édifier leurs nécropoles royales. C’est aussi le cas pour la plupart des complexes pyramidaux de la VIe dynastie.

Cette dynastie, qui gouverne l’Egypte de -2374 à -2140, est généralement vue comme une période de déclin, qui voit la société égyptienne se transformer, tandis que les nomarques prennent de plus en plus d’autonomie au détriment du pouvoir royal. Le très long règne de son dernier grand souverain, Pépi II Nerferkaré, est très rapidement suivi de la première période intermédiaire, marquant la fin de l’Ancien Empire. Les dynasties suivantes ne contrôlent alors plus que la région entourant Memphis.

Une tête de statue de la reine Ankhésenpépi II.

Ankhésenpépi II et son fils Pépi II
La reine et son fils Pépi II.

Un des personnages les plus marquants de la VIe dynastie est la reine Ankhésenpépi II. Tout comme sa sœur Ankhésenpépi I, elle épouse le pharaon Pépi Ier. Sa famille est déjà proche de la royauté, puisque sa mère est la vizir Nébet. A la mort de Pépi Ier, elle épouse alors son neveu Mérenrê Ier, fils de son époux et de sa sœur.

Celui-ci ne règne environ une dizaine d’années, et c’est alors le propre fils d’Ankhésenpépi II qui lui succède : Pépi II Neferkaré, âgé de six ans. Les chercheurs débattent encore pour savoir s’il est le fils de Pépi Ier ou de Mérenrê Ier, mais ce qui est sûr, c’est que sa mère exerce la régence durant les premières années, peut-être avec l’aide de son frère Djau, qui était le vizir de Mérenrê.

Autant dire que cette femme, épouse de deux pharaons et mère-régnante d’un troisième, jouissait à cette époque d’une position très particulière. Et c’est à elle que les archéologues attribuent la tête féminine qu’ils ont découvert en octobre à Guizeh. En mauvais état, elle devrait faire l’objet de travaux de restauration.

tête en bois d'Ankhésenpépi II
La tête très abîmée d’une femme représenterait Ankhésenpépi II.

La pointe d’un obélisque brisé.

Plus tôt en octobre 2017, une autre découverte archéologique lui était liée : celle du sommet d’un obélisque, lui aussi découvert à Guizeh par une mission franco-suisse.

Le fragment d’obélisque, en granite rose, mesure 2,5 mètres de haut, ce qui permet d’estimer que l’obélisque au complet devait mesurer entre 5 et 6 mètres. Sur l’un des côtés, la présence d’un cartouche portant les premiers hiéroglyphes du nom de Neferkare (nom d’Horus de Pépi II). Les chercheurs considèrent cependant que ce monument est à mettre au crédit de la mère de ce pharaon, Ankhésenpépi II.

obélisque granite rose guizeh

Ces découvertes montrent le statue particulier de cette femme, épouse de deux pharaons et mère-régente d’un troisième. Sa tombe, situait dans le complexe funéraire de son époux Pépi Ier à Saqqara, illustrait déjà son importance. Non seulement la reine y disposait de son propre petit complexe pyramidal – cas unique pour les épouses de pharaon de cette dynastie – mais sa chambre funéraire est le premier exemple connu pour une reine comportant le texte des pyramides – le plus ancien écrit religieux connu à ce jour, condensant les conceptions funéraires égyptiennes de cette époque.

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Vue aérienne du complexe funéraire de Pépi Ier. Celui d’Ankhésenpépi II est marqué en surbrillance.

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