La découverte de fonderies montre qu’Angkor était aussi un centre industriel

Une récente découverte dans une zone de rizières au sein du parc archéologique d’Angkor, au Cambodge, permet aux chercheurs d’en apprendre d’avantage sur cette métropole médiévale. Surtout connue pour ses temples splendides, Angkor fut la capitale de l’empire Khmer, qui connut son apogée entre le IXe et le XIIIe siècle.

Des fouilles au cœur de la cité d’Angkor.

Le centre cérémoniel compte des dizaines de sanctuaires de tailles imposantes, dont le plus connu est le temple d’Angkor Wat. Mais à son apogée, Angkor recouvre une réalité bien plus complexe : c’est alors une métropole occupant une zone couvrant près de 1000 km², occupée plus ou moins densément par une population ayant pu atteindre le million.

Le site où ont lieu les fouilles est localisé dans la « zone 2 » du parc archéologique, près de ses monuments principaux. Les archéologues s’activent depuis mars 2016 sur un site couvrant près de 4 hectares et aujourd’hui occupé par les rizières du village de Sala Kravan. Ici, pas de découvertes architecturales stupéfiantes, mais les vestiges retrouvés pourraient livrer des informations précieuses sur des facettes mal connues d’Angkor. Car malgré l’éclat de ses monuments, on en sait finalement assez peu sur de nombreux autres aspects de la civilisation Khmer.

Une fonderie, preuve d’une activité industrielle.

Jusqu’alors, les chercheurs pensaient par exemple qu’Angkor s’approvisionnait en outils, armes et matériaux de construction depuis des régions distantes de son empire.

Mais la découverte de quatre fourneaux utilisés pour fondre le minerai et en extraire le métal remet en question cette vision des choses. Selon un responsable des fouilles, M. Sokrithy, « c’est une importante découverte qui prouve qu’il y avait des industries situées en plein milieu de la capitale et produisant du métal pour l’approvisionner ». La ville n’aurait donc pas été seulement la résidence royale et le cœur religieux du royaume, mais aussi un centre de production.

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Vue satellite du centre d’Angkor. Le Baray occidental, partiellement empli d’eau, est visible sur la gauche.

Les datations préliminaires des céramiques trouvées lors des fouilles laissent penser que le site était en activité au XIe siècle. Les chercheurs doivent encore réaliser d’autres analyses pour définitivement confirmer cette hypothèse, mais elle s’accorderait bien avec les besoins en matériels qu’ont dû nécessiter les titanesques projets menés à Angkor à cette époque. On pensera, entre autres, au Baray occidental, le plus grand réservoir d’eau de la ville, mesurant 8 km de long sur 2,1 de large ; ou bien au Baphuon, construit vers 1060, qui fut le plus grand sanctuaire d’Angkor avant que ne soit édifié le célèbre Angkor Wat.

Ce genre de découvertes permet aux archéologues de se faire une meilleure idée de la vie et des activités de la capitale khmer, qui reste très mal connue. Tout comme les raisons de son déclin et de son effondrement, qui par son ampleur rappelle celui des sociétés mayas classiques.

 

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