Mausolée turcique vieux de 1300 ans découvert dans les steppes mongoles

Les archéologues ont découvert un ensemble unique de ruines dans les steppes de la Mongolie orientale. Il aurait été édifié par le peuple Göktürk au VIIIe siècle pour honorer un grand officier de l’époque.

Les khaganats turcs des steppes d’Asie centrale.

Le terme turc en français peut prêter à confusion, car on le comprend généralement comme désignant les habitants de Turquie. Mais de nombreux autres peuples turcs (ou turciques, pour éviter la confusion avec les Turcs de Turquie) vivaient en Asie depuis la plus haute antiquité. Aujourd’hui encore, on les trouve notamment en Russie, au Kazakhstan, au Kirghizstan, au Turkménistan ou en Ouzbékistan.

Entre le milieu du VIe siècle et le milieu du VIIIe siècle, deux khaganats dominés par les Göktürk, peuple turcique nomade, s’épanouissent en Asie centrale. Ils contrôlent alors une partie des routes de la soie et interagissent notamment, par la guerre ou le commerce, avec les dynasties du nord de la Chine. Le second khaganat (682 à 744), qui émerge après une période d’anarchie suivant la division du premier, est finalement détruit par les Ouïghours, un autre peuple turcique.

Le mausolée d’un vice-roi turcique.

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Reconstitution proposée du mausolée proposée par les chercheurs.

Le mausolée retrouvé comprend un sarcophage entouré par un carré de quatorze grand piliers de pierre couvertes d’inscriptions runiques turciques. Ces piliers font d’ailleurs partie des plus grands jamais découverts en Mongolie.

Quant aux runes, celles visibles sur le sarcophage nous renseignent sur l’identité du défunt : un yagbu, vice-roi ou bras droit de Bilge Kaghan (kaghan signifiant peu ou prou empereur en ancien turc) qui régna de 716 à 734. Après que Bilge Kaghan a été empoisonné par un de ses ministres, ce vice-roi devient même le commandant en chef et le plus haut gradé des officiers du khaganat sous le règne d’un de ses fils, Tengri Kaghan (740-741).

 

Une meilleure compréhension de l’organisation du pouvoir en Mongolie orientale.

Cette découverte a remis en cause l’idée qui prévalait jusqu’alors, que les ruines des tombes des élites turciques se trouvaient seulement à l’ouest d’Oulan-Bator, la capitale d’actuelle Mongolie, et notamment dans la vallée de l’Orkhon, qui était le centre du khaganat Göktürk. En effet les fouilles conduites par des chercheurs de l’université d’Osaka et de l’Institut d’Histoire et d’Archéologie de l’Académie mongole des Sciences ont montré que la steppe de Dongoin Shiree, où se trouve le mausolée, était de fait le centre de la partie orientale du Khaganat turcique. Ces trouvailles jettent ainsi une nouvelle lueur sur la manière dont était organisé le pouvoir en Mongolie orientale il y a 1300 ans.

carte-khaganat-gokturk-asie-centraleD’après Takashi Osawa, qui a dirigé la publication de ces découvertes, « ce monument révélera les relations de pouvoirs des dirigeants dans la partie orientale du kaghanat turcique ainsi que relations politiques et militaires avec les tribus mongoles, comme les Khitans, les Tatabis ou les Tatars. De plus, l’agencement de ces piliers de pierre sur le plateau apportera des informations importantes pour discuter les idées religieuses et la vision du monde de ces anciens nomades ».

 

 

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