Milliers de peintures rupestres millénaires sur l’île indonésienne de Kisar

Kisar est une île indonésienne, proche des côtes du Timor Oriental et située à environ 500 km au nord des côtes australiennes. De petite taille, puisqu’elle couvre à peine 81 km2, elle n’avait jamais fait l’objet d’études archéologiques.

Des milliers de peintures rupestres dans des grottes.

Mais l’université nationale d’Australie y a récemment mené des recherches à grande échelle, dirigées par Sue O’Connor. Leurs résultats viennent d’être publiés dans le Journal d’Archéologie de Cambridge et nous apprennent que les grottes de l’île contiennent en fait des milliers de peintures rupestres, dont certaines étaient vieilles de plus de 2500 ans – une découverte qui rappelle celle de milliers de peintures précolombiennes sur un îlot inhabité des Caraïbes.

peintures rupestres kisar indonesie
Exemples de quelques peintures de bateaux photographiées par les archéologues.

D’après Sue O’Connor, « ces îles indonésiennes [Kisar, Timor et leurs voisines] étaient au coeur du commerce des épices, vieux de plusieurs milliers d’années. Les peintures dépeignent des bateaux, des chiens, des chevaux et des humains portant souvent ce qui ressemble à des boucliers. D’autres scènes montrent des gens jouant du tambour, et célébrant peut-être des cérémonies“.

Ces peintures, au style très similaire à celles connues sur l’île voisine du Timor, suggèrent que Kisar partagent une histoire bien plus forte avec sa voisine que ce que l’on pensait jusqu’alors. Cependant, les chercheurs australiens ont aussi constaté une particularité à Kisar : „une caractéristique différente entre l’art de ces deux îles est la taille exceptionnellement petite des représentations humaines et animales, la plupart mesurant moins de 10 centimètres. Cependant en dépit de leur taille, elles sont remarquablement dynamiques“.

Des témoignages d’une histoire partagée avec Timor et des échanges dans la région sud-est asiatique.

Les relations entre Kisar et Timor remontent très probablement à la période néolithique, il y a 3500 ans. A cette époque se produisit un afflux de population austronésienne, qui introduisit dans la region la domestication de certains animaux, comme les chiens, et peut-être aussi la culture de céréales.

Mais toutes les peintures ne remonteraient pourtant pas à cette époque. Certaines figurant en effet des images de tambours. De tells objets en metal commencent à être produit au nord du Viet-Nam et dans le sud-ouest de la Chine il y a environ 2500 ans, avant d’être échangés dans toute la région sud-est asiatique.

“Ces peintures [plus récentes] dépeignent peut-être l’introduction d’un nouveau système symbolique établi il y a environ 2000 ans, conséquence de l’échange de biens de prestige et du début de l’établissement de sociétés hiérarchisées”.

 

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