Une centaine de tablettes cunéiformes assyriennes découvertes dans le Kurdistan irakien

Malgré les destructions occasionnés par l’État islamique et des années de guerre, le patrimoine irakien réserve encore de belles surprises. La découverte dans le Kurdistan irakien de la cité ancienne de Bassetki, complètement oubliée jusqu’en 2013, en constitue une. Et la mission archéologique de l’université allemande de Tübingen qui travaille actuellement sur le site vient d’annoncer une nouvelle découverte prometteuse : une cache contenant près d’une centaine de tablettes cunéiformes remontant à la période médio-assyrienne (-1392 à -1056).

La cité oubliée de Bassetki.

Statue de Bassetki, époque akkadienne
Statue de Bassetki

En 1960, une découverte extraordinaire est réalisée près de Bassetki : une statue en cuivre, dont seule la moitié inférieure est conservée, représentant le roi akkadien Naram-Sin (2254-2218 av. J.-C.). Considérée comme un pièce maîtresse de l’art akkadien, elle fait partie des œuvres principales du musée de Bagdad, où elle est pillée en 2003 mais rapidement retrouvée.

A l’époque, sa découverte laisse les chercheurs assez perplexe car aucun site important n’est connu dans les environs. Ce n’est qu’en 2013 que le mystère est résolu : l’équipe du professeur Pfälzner localise les vestiges d’une cité de l’âge du bronze sous un tell voisin. Depuis, les campagnes de fouilles menées malgré la situation générale – le site ne se trouvait qu’à une trentaine de kilomètres de la ligne de front – a révélé une cité ancienne occupée en continu de -3000 à -600.

Le site mesure environ un kilomètre de long sur 500 mètres de large. Dotée d’un mur protégeant sa partie haute vers -2700, la cité comptait plusieurs quartiers résidentiels avec de grandes demeures, ainsi qu’un palais et une nécropole. Elle se trouvait aussi au cœur d’un réseau routier important qui la connectait aux autres régions de Mésopotamie et d’Anatolie

Tell de Bassetki, Kurdistan irakien
Vue du tell de Bassetki

Une cache contenant 93 tablettes cunéiformes.

C’est la dernière découverte importante réalisée sur le site par les archéologues, dans un bâtiment remontant à l’époque médio-assyrienne, détruit durant l’antiquité. Soixante d’entre elles étaient déposées dans un pot en céramique qui devait être utilisé pour les entreposer. Il était enveloppé avec deux autres récipients dans une épaisse couche d’argile. « Le récipient aurait pu être caché de cette façon peu après la destruction des bâtiments environnants. Peut-être dans le but de protéger les informations gravées sur ces tablettes et les préserver pour la postérité. » déclare le docteur Pfälzner .

De nombreuses tablettes n’ont pas été cuites à l’époque de leur utilisation et sont aujourd’hui largement érodées, ce qui rend leur déchiffrement difficile. « On ne sait pas encore si les tablettes contiennent des textes commerciaux, légaux ou religieux. La philologue de l’équipe, la Dr Betina Faist, a déchiffré une petite partie d’une de ces tablettes, qui mentionne un temple à la déesse Gula, suggérant plutôt un contexte religieux. »

Les chercheurs espèrent que les textes contiennent de nombreux détails à propos de l’histoire, de la société et de la culture de cette région du nord de la Mésopotamie au IIe millénaire avant notre ère, sur laquelle peu de recherches ont été jusqu’à présent été menées.

 

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