Les restes d’un complexe monastique copte du Ve siècle découverts à Oxyrhynque en Egypte

Située à 160 km au sud-ouest du Caire, la ville d’Al-Bahnana s’est développée au Moyen-Age sur le site d’une des plus grandes cités d’Égypte à la fin de l’antiquité : Oxyrhynque. A l’époque romaine, puis byzantine, la ville devient un grand centre chrétien – aujourd’hui encore la communauté copte est encore très présente dans la région. L’héritage archéologique de ces époques, bien que peu visible, est pourtant à bien des égards l’un des plus exceptionnels du pays.

Oxyrhynque, un site archéologique exceptionnel.

Car si la conquête arabe mit rapidement un terme à la prospérité de l’Oxyrhynque antique, la ville fut dès l’époque ptolémaïque et pendant les périodes romaines et byzantines la capitale du XIXe nome et l’une des plus importantes cités d’Égypte. La ville compte alors tous les bâtiments d’une ville gréco-romaine de premier plan : sanctuaires, théâtres, hippodrome, colonnades etc. Avec l’essor du christianisme, la cité devient un centre religieux important et compte de nombreuses églises et monastères.

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Vue aérienne partielle du site d’Oxyrhynque.

Malgré ce prestigieux passé, il ne reste aujourd’hui que peu de traces visibles de ces vestiges, en partie enterrée sous la ville postérieure d’Al-Bahnana qui se développe après la conquête arabe. Mais la richesse archéologique d’Oxyrhynque se cache ailleurs : des milliers de papyrii bien préservés, produits pendant des siècles par les autorités administratives et les particuliers, puis jetés après usage. Ces documents, dont environ 5000 ont pu être reconstitués et transcrits – soit une infime portion du matériel existant – ont livré des informations extrêmement riches sur les périodes ptolémaïques, romaines, byzantines et coptes, ainsi que des écrits antiques par ailleurs perdus.

Découverte d’un complexe monastique copte du Ve siècle.

Malgré l’importance religieuse d’Oxyrhynque durant l’époque byzantine, et bien qu’une communauté copte se soit maintenue, bien peu de vestiges en témoignent aujourd’hui. C’est pourquoi la découverte d’un complexe monastique près de la nécropole d’Al-Nassara, l’un des restes archéologiques les plus frappants de la cité antique, représente une trouvaille importante.

Les fouilles ont commencé dans la zone en 2008, et les archéologues avaient alors dégagé les restes d’une église du Ve siècle, construite en briques crues, ainsi que d’un autel. Une salle de prière et des chambres aux murs couverts de plâtre et ornés de décorations colorées et d’hymnes écrits en copte avaient aussi été exhumés.

Malheureusement, ces vestiges ont été perdus du fait du manque de sécurité qui ont suivi les troubles politiques et la révolution de 2011, et qui ont entraîné pillages et destructions.

Poursuite des fouilles et trouvailles récentes.

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Fragment de la stèle funéraire d’un moine.

Les fouilles ont repris en 2013, et les archéologues ont alors découvert les restes d’une cellule monastique, d’un hall de prière, d’une cuisine et d’un grenier, aux murs décorés de croix rouges. La partie inférieure de la pierre tombale d’un moine a aussi été exhumée, ainsi qu’une collection de pièces métalliques et de pots en argile, actuellement en cours d’étude et de restauration.

Dernièrement, ce sont une série de tombes rupestres, composées de différentes chambres funéraires couvrant une surface d’environ 50 mètres sur 70 qui a été mise à jour, ainsi qu’une zone résidentielle d’environ 130 mètres sur 100 comprenant les restes de maisons en brique crue et d’un puits.

Ces trouvailles rappellent que l’Égypte fut l’un des grands foyers du christianisme à la fin de l’antiquité, et que c’est là que prit naissance le monachisme chrétien qui devait connaître un grand succès dans toute l’Europe médiévale.

 

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