Une station-musée de la ligne C à Rome présentée au public

La station-musée de San Giovanni, près de la basilique Saint-Jean du Latran (au nord-est de la ville), présentera les plus remarquables objets découverts lors des fouilles de la ligne C.

La construction cette nouvelle ligne du métro romain, dont la réalisation s’est accompagnée de scandales de corruption, de surcoûts et de retards, a aussi offert aux archéologues la chance d’atteindre des niveaux très profonds, qu’ils ont rarement l’occasion d’explorer. Caserne de gardes prétoriens, restes du plus vieil aqueduc de Rome, de nombreux vestiges ont été découverts – qui n’ont pas contribué à accélérer les travaux.

Une plongée dans l’histoire.

Les passagers qui descendront les escaliers du métro voyageront dans le temps, du Moyen Âge à la Rome impériale, puis républicaine. Plus ils s’enfoncent profondément, et plus anciens sont les vestiges exposés. Sur les murs, les dates clés de l’histoire de la cité sont inscrites et quand les voyageurs atteignent les quais du métro, à une trentaine de mètres sous terre, ils se retrouvent au pléistocène (avant-dernière époque géologique, de 2,58 millions d’années à 11700 avant le présent).

« Nous avons essayé de créer une expérience immersive pour les passagers » a déclaré Filippo Lambertucci, professeur d’archéologie à l’université La Sapienza de Rome, « en apportant un éclairage sur la vie quotidienne des anciens Romains et des gens qui ont vécu par la suite ».

Près de 40000 objets découverts.

L’ensemble hétéroclite d’objets présentés permet donc de se faire une idée de la riche histoire passée de Rome. Les voyageurs pourront ainsi admirer des pointes de flèche en fer, des pièces d’or frappées de la tête d’empereurs, des statues de nymphes ou des délicates bouteilles de parfum bleu turquoise.

Dans un registre plus prosaïque, ils verront aussi des amphores géantes ou des hameçons en bronze provenant d’un élevage piscicole, les restes d’un panier tressé au Ier siècle avant notre ère, ou bien encore… une collection de noyaux de pêches vieux de 2000 ans.

Une manière de rappeler que cette zone de la ville, durant la plus grande partie de l’époque romaine, était une riche zone agricole. Un système d’irrigation sophistiqué y permettait la culture de fruits, de légumes et de fleurs destinés aux riches habitants de la cité.

Une deuxième station-musée.

Seule une poignée des 30 stations que doit compter la ligne C sont déjà en fonctionnement. Celle de San Giovanni ne sera pas ouverte avant la fin de l’année, car bien que la station soit prête le reste des travaux n’est pas encore tout à fait achevé.

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Les vestiges de la caserne découverts en 2016.

Une autre station-métro sera d’ailleurs aussi inaugurée, non loin de San Giovanni. Appelée Amba Aradam/Ipponio, elle intégrera les vestiges d’une caserne de gardes prétoriens remontant au règne de l’empereur Hadrien (117-138). Ses ruines avaient été découvertes en 2016 à une dizaine de mètres de profondeur.

Mais elle ne devrait cependant pas ouvrir ses portes avant… 2021.

 

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