Sarcophage du VIIe siècle découvert à Cahors

Un sarcophage de l’époque mérovingienne a été découvert à Cahors, lors de fouilles programmées de l’INRAP sous le parvis du Conseil Départemental du Lot, situé au nord de la ville.

D’après Laurent Guyard, responsable de la cellule archéologique du département du Lot, “cette découverte est exceptionnelle car le sarcophage a été retrouvé dans un ensemble de strates de sols, d’ossements, de céramiques. Cette époque, celle du roi Dagobert, est mystérieuse à Cahors et à l’échelle européenne, même.”

La période mérovingienne (457-751) est marquée à Cahors par l’action de saint Didier. En 630, il devient l’évêque de la ville. Il réalise de grands travaux d’urbanismes dans la cité, qu’il dote de nombreux édifices religieux. Parmi ceux-ci un monastère, dont le site est probablement occupé plus tard occupé par l’église Saint-Barthélémy, qui existe encore aujourd’hui. Il est possible que le sarcophage découvert se soit trouvé dans l’enceinte de ce monastère.

Après son repérage au printemps dernier, le sarcophage, « une simple cuve en calcaire recouverte d’un couvercle à toit en bâtière à quatre pans » et « scellé par un joint en mortier » a été dégagé en juillet, avant que les archéologues ne procèdent à son ouverture mi-août.

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Les ossements ont été retrouvés en bon état grâce au mortier qui assurait l’étanchéité du sarcophage.

A l’intérieur, ils ont découvert les ossements d’une femme, morte à un âge avancée, et qui présentait des problèmes de santé et notamment d’arthrose. Les archéologues prévoient d’effectuer une datation au radio carbone pour dater plus précisément la sépulture. Mais même si un important matériel a été recueilli aux alentours, la défunte elle-même n’avait pas été inhumée avec des effets personnels et son identité n’est pas connue. Alors, de qui pouvait-il bien s’agir ?

« Les sépultures en sarcophage étaient très rares à l’époque. D’habitude, ce sont des coffres de bois ou de tuile. Là, pour la première fois, le sarcophage est scellé avec une bande de mortier qui a assuré l’étanchéité de la sépulture et la conservation des restes  », précise Jean-Louis Boudartchouk, directeur adjoint INRAP Midi-Pyrénées.

Cette femme devait donc être une personnalité importante de son époque, pas nécessairement issue de la noblesse, mais qui a peut-être fait l’objet d’un culte.

Suite à un accord entre le département et la Ville de Cahors, le sarcophage devrait rejoindre les collections du musée Henri-Martin, tandis que les chercheurs de l’INRAP poursuivront leurs travaux en laboratoire.

 

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