Qu’est-ce que l’archéologie ?

L’archéologie est la science étudiant les vestiges laissés par les sociétés depuis ses origines jusqu’à l’époque contemporaine. D’abord science de terrain, elle s’étend aujourd’hui aux laboratoires et aux études scientifiques, faisant appel à de nombreuses disciplines.

Archéologie et histoire.

Longtemps, la connaissance des civilisations passées s’appuyait principalement sur les sources écrites qu’elles avaient laissé derrière elle. Le développement de l’archéologie, étudiant le terrain et les traces laissées par le passage de l’homme, a apporté une nouvelle perspective, permettant de croiser les données recueillies avec les sources historiques, ou d’apporter des informations sur des sociétés qui ne connaissaient pas l’écriture, ou dont les textes ne sont que peu ou pas parvenus jusqu’à nous.

L’archéologie est ainsi primordiale pour l’étude de la préhistoire et de la protohistoire (désignant les périodes durant lesquelles certains peuples sont connus par les textes d’autres peuples contemporains, mais n’ayant eux-mêmes pas laissé de traces écrites.

Schliemann devant la porte des lions de Mycènes, 1885.

L’archéologie complète cependant souvent l’histoire : les premiers archéologues ont cherché à retrouver les sites décrits dans les sources écrites, comme Schliemann avec Troie, tandis que les recherches archéologiques permettent parfois de confirmer ou d’infirmer la vision historique laissée par les sources écrites, d’apporter un éclairage sur des aspects des civilisations anciennes qui ne sont que peu ou pas évoquées dans les récits qui nous sont parvenus ou parfois même d’éclaircir des mystères ou des questions historiques restés sans réponses.

Naissance et développement de l’archéologie.

Si les anciens avaient remarqué et commenté des vestiges de civilisations passées, l’archéologie n’en demeure pas moins une science moderne. La période de la Renaissance induit un intérêt considérable pour les vestiges hérités de l’antiquité. A cette époque commencent à se constituer des collections artistiques, et l’on commence à creuser pour déterrer des vestiges intéressants.

Le développement des cabinets de curiosité, puis des musées va donner naissance à une culture de l’antique qui va progressivement induire une approche de plus en plus scientifique et la définition des trois grands principes de l’archéologie : la chronologie, la typologie et la stratigraphie.

C’est cependant au XIXe siècle que l’archéologie telle que nous la connaissons aujourd’hui va réellement se mettre en place. Les grandes puissances de l’époque vont mettre en place une archéologie nationaliste, sensée promouvoir leur vision nationaliste de l’histoire et la constitution d’un récit historique ; en parallèle, l’étude des sites archéologiques grecs, romains et égyptiens connaît un grand développement.

L’époque de la rationalisation.

Au XIXe siècle, l’archéologie est encore balbutiante et l’étude des sites se fait à la pelle et à la pioche, avec une approche souvent peu scientifique. Les strates correspondant à des périodes jugées peu intéressantes, comme l’époque médiévale, sont tout simplement dégagées pour accéder aux couches les plus anciennes.

Cependant peu à peu, et surtout au XXe siècle, l’archéologie s’organise et se rationalise, mettant en place des techniques et des protocoles plus efficaces.

Aujourd’hui, l’archéologie préventive est garantie par la loi et permet de fouiller une grande partie des sites archéologiques à fort potentiel menacés par l’extension des activités humaines.

L’archéologie, une science pluridisciplinaire.

Par le vaste éventail des vestiges potentiels laissés par une communauté, l’archéologie fait souvent appel à d’autres disciplines, et connaît elle-même de nombreuses spécialité : archéozoologie, paléontologue etc.

Les disciplines qui peuvent fréquemment être appelées en renfort de l’archéologie sont la palynologie, la xylologie-anthracologie etc.

Par ailleurs, l’archéologie a toujours profité de l’avancée technologique qui étendent ses champs d’étude en la rendant plus performante sur le terrain (sondages par résonance magnétique, étude par laser embarqué par hélicoptère, sonars et robots sous-marins), mais aussi en laboratoire, notamment dans le domaine de la datation (étude au carbone 14, par thermoluminescence, dendrochronologie…).

Artéfacts et écofacts.

L’archéologie se concentre souvent sur les objets laissés par l’homme : les artéfacts. Qu’il s’agisse d’objets de la vie courante (poterie, lampes, outils, armes etc), artistiques ou religieux (statues, objets de culte etc), ou plus globalement de vestiges architecturaux, ce sont des objets que l’homme a façonné pour répondre à ses besoins.

Les écofacts, en revanche, n’ont pas été directement créés par l’homme mais témoignent de son action sur son environnement. Il peut ainsi s’agir d’un vestige minéral, végétal ou animal ayant subi l’action de l’homme, comme par exemple des restes alimentaires. Leur étude permet souvent d’en apprendre davantage sur les pratiques, les conditions de vie et les environnements dans lesquels évoluaient les civilisations passées.