La Basse époque égyptienne, des pharaons noirs à Alexandre le Grand

Après la chute de la dernière dynastie du Nouvel Empire s’ouvre la troisième période intermédiaire (XXIe à XXIVe dynastie), qui couvre près de trois siècles, entre le XIe et le VIIe siècle avant notre ère. L’Egypte est alors désunie : des dynasties lybiennes s’installent dans le delta du Nil et en Moyenne-Egypte, tandis que la Haute-Egypte, dominée par les prêtres d’Amon, passe peu à peu sous l’influence du royaume nubien de Napata.

Ceux sont eux qui vont réunifier le pays et ouvrir ce qui est appelé la « basse époque égyptienne » qui, loin d’être une période de décadence, voit au contraire un renouveau de la civilisation égyptienne. Mais la vallée du Nil est aussi confrontée aux ambitions d’autres grandes puissances de l’époque : Assyriens, Perses, puis Macédoniens qui remettent plusieurs fois en cause son indépendance.

Les pharaons noirs règnent sur l’Égypte.

La dernière époque pharaonique commence par la prise de contrôle de la vallée du Nil par une dynastie étrangère. Le royaume de Koush, établi très anciennement au sud de l’Egypte, dans la Nubie, était depuis des siècles lié par l’histoire et la culture à l’Egypte. Profitant du chaos et de la désunion caractérisant la troisième période intermédiaire, les rois de Napata conquièrent la Basse-Nubie, puis la Haute-Egypte avant de réclamer l’héritage des pharaons égyptiens.

C’est le roi Piyé qui y parvient en soumettant les princes du Delta. Il fonde la XXVe dynastie égyptienne, connue aussi sous le nom de dynastie koushite. Il s’agit des fameux pharaons noirs, qui règnent près d’un siècle sur l’Egypte et la Nubie, et qui ont fait couler beaucoup d’encre.

Cette période assure une certaine stabilité à l’Egypte, mais le delta du Nil est rapidement convoité par une autre super puissance de l’époque : l’empire assyrien. Les pharaons de la XXVe dynastie, situé très loin au sud, peinent à contenir les ambitions de leur voisin. Les princes du delta en profitent pour reprendre une partie de leur indépendance.

Psammétique Ier et la période saïte.

Parmi ces princes, ceux de Saïs vont s’imposer. Néchao Ier pose les bases de leur succès, mais c’est son fils Psammétique Ier qui, en une dizaine d’années et avec l’aide de mercenaires libyens et grecs, parvient à faire reconnaître son autorité sur l’ensemble de l’Égypte en soumettant les chefs locaux et en reprenant à la dynastie koushite Thèbes et la Haute-Egypte en -656.

Son long règne (-664 à -610) permet à la vallée du Nil de retrouver sa prospérité et marque l’apogée de la basse époque égyptienne, à tel point que l’on a parlé de « renaissance saïte ». Dans les arts, on imite les anciens modèles du Moyen et même de l’Ancien Empire. De grandes réformes administratives assurent la stabilité et l’efficacité du pouvoir : une des plus spectaculaires est l’élaboration de l’écriture démotique par simplification de l’écriture hiératique jusqu’alors en usage : elle fut probablement inventée pour faciliter le travail des scribes de l’administration royale, qui avaient besoin d’une écriture plus rapide et cursive.


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Saïs profite de la perte d’influence des autres métropoles égyptiennes, et notamment de Thèbes, complètement détruite par les Assyriens. Devenue la nouvelle capitale, elle s’affirme comme le grand centre commercial du delta et connaît une période brillante. Sa divinité tutélaire, Neith, devient même la divinité dynastique, supplantant Amon.

Les pharaons de la fin de la XXVIe dynastie sont cependant confrontés à une nouvelle menace extérieure : les Perses. Ceux-ci convoitent à leur tour les riches terres égyptiennes et les pharaons Amasis et Psammatique III essuient de terribles défaites face à Cambyse II, qui entraînent la chute de leur dynastie et l’établissement des Perses en Egypte en -525.

La première domination perse : la XXVIIe dynastie.

Cambyse prend le nom de Mésoutirê pour régner sur la vallée du Nil, fondant la XXVIIe dynastie. L’Egypte est réduite au statut de satrapie, mais l’établissement du pouvoir perse ne va pas sans mal. Les mesures despotiques du roi des rois entraînent la révolte de Pétoubastis – peut-être issu de la lignée royale saïte – qui se proclame pharaon de -522 à -520.

C’est finalement Darius Ier qui mène une politique de conciliation et restaure la stabilité, posant les bases d’une domination qui va durer jusqu’au règne d’Ataxerxès II et à la révolte de -404/402, au cours de laquelle l’Egypte parvient à reprendre son indépendance.

L’Egypte indépendante mais instable : les XXVIIIe et XXIXe dynasties.

En -404, un certain Amyrtée, prince de Saïs, se révolte et chasse les Perses. On sait peu de choses sur ce personnage ; son nom était peut-être Amenertis. Peut-être a-t-il aussi régné sous le nom de Psammétique IV (à moins que celui-ci n’ait été un concurrent au trône), et appartenait-il à la lignée royale saïte.

Toujours est-il qu’il est l’unique représentant de la XXVIIIe dynastie : en -399, le prince de Mendès, Néphéritès Ier, prend le pouvoir dans des circonstances obscures. Il transfère la capitale de Saïs à Mendès et fonde la XXIXe dynastie, qui parvient à résister aux attaques de la Perse, mais dont les conflits internes divisent le pays : cinq pharaons se succèdent sur le trône entre -399 et le détrônement de Néphéritès II en -380.

Les Nectanébo et la XXXe dynastie, le chant du cygne.

C’est Nectanébo qui va remettre de l’ordre en Égypte. Prince de Sebennytos, soutenu par le clergé de Saïs, il évince Néphéritès II et réunit pour la dernière fois l’Égypte sous la domination d’un souverain autochtone. Son règne marque aussi le dernier éclat de la civilisation pharaonique : il s’efforce de s’attacher à la tradition saïte et relance de grandes constructions dans plusieurs cités.

Le pays est cependant toujours confronté aux ambitions de l’empire perse achéménide. Néctanébo II poursuit la politique de son grand-père Nectanébo Ier et parvient à contenir longtemps leurs ambitions, tout en menant une grande activité de bâtisseur à l’intérieur du pays. Cependant Artaxerxès III lance une nouvelle campagne contre l’Égypte, cette fois couronnée de succès, prenant Péluse, puis Bubastis et Memphis. Nectanébo s’enfuit en Haute-Egypte, d’où il organise la résistance et où il meurt en -343. La résistance animée par Khababash, qui parvient à reprendre Memphis, se poursuit jusqu’en -335, mais le roi perse Darius III finit par l’emporter.

La XXXIe dynastie, de nouveau perse, est brève et s’étend seulement de -341 à -332, quand Alexandre le Grand s’empare de l’Égypte et s’y fait couronner pharaon, ouvrant ainsi une nouvelle période de l’histoire égyptienne.

 

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