Des murs d’ossements exhumés sous la cathédrale de Gand

C’est une découverte archéologique inattendue et quelque peu macabre qui a eu à la cathédrale Saint-Bavon de Gand, en Belgique. Dans l’optique de construire nouveau centre d’accueil consacré au chef d’oeuvre artistique de la cathédrale, le retable de l’Agneau Mystique de Jan Van Eyck, des fouilles sont réalisées dans et autour de l’édifice. Certes, travailler sur le site d’une église signifie bien souvent trouver des sépultures, puisque dès les premiers temps chrétiens, les sanctuaires et leurs alentours ont servi de cimetières. Cependant cette fois, il ne s’agissait pas seulement de sépultures, mais littéralement de murs entièrement construits avec des os humains.

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La cathédrale Saint-Bavon, construite en grande partie au XIIIe siècle et jusqu’au XVIe.

Une découverte unique en Belgique, d’après le porte-parole de l’équipe archéologique. Les murs exhumés sont principalement constitués d’os de cuisses et de tibias d’adultes. Entre les murs, l’espace est rempli de crânes, dont beaucoup sont brisés. Au-dessus de ce niveau archéologique ont été découverts d’autres squelettes, entièrement conservés. Cela a permis aux archéologiques de conclure que le cimetière avait encore été utilisé un certain temps après la construction de ces murs aux matériaux particuliers.

Les ossements semblent remonter à la deuxième moitié du XVe siècle, tandis que les chercheurs pensent à l’heure actuelle que les murs d’ossements auraient été élevés au XVIIe et XVIIIe siècle, même s’ils n’en sont pas encore certains.

Mais pourquoi ont-ils été construits?

Les chercheurs pensent qu’ils l’ont été à une époque où une partie du cimetière était en cours de restructuration. Les ossements proviendraient donc de tombes existantes, qui étaient alors enlevées pour faire place à de nouvelles sépultures. Mais alors que les fidèles croyaient à la résurrection des corps, il n’était pas envisageable de se débarrasser des os des défunts. C’est pourquoi, dans un souci d’économiser de la place, on construisait parfois des ossuaires contre les murs des cimetières des villes pour abriter les crânes et les os longs. Les murs d’ossements retrouvés s’inscriraient dans ce genre de pratique, assez répandues en Europe, dont certaines encore visibles aujourd’hui peuvent donner froid dans le dos aux plus sensibles…

 

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