Des milliers de fragments de verre à Bathonea

Suite aux fouilles de l’archéologue suisse Ernest Mamboury dans les années 1930, on pensait que les ruines visibles à une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Istanbul, appartenaient à la ville antique et médiévale de Rhegion. Cependant en 2009, l’identification de ces vestiges avec la cité hellénistique et romaine de Bathonea a été proposée par les archéologues qui y ont repris des fouilles.

Vue des fouilles de Bathonea en 2009.

Bathonea, outre son passé hellénistique et romain, a continué d’être occupé à l’époque byzantine, entre le Ve et le VIIe siècle, puis de nouveau entre le Xe et le XIIe siècle et à l’époque ottomane. Le site s’étend sur près de 8 kilomètres, sur les rives du lac Küçükçekmece, et certains vestiges de la cité pourraient être submergés sous les eaux du lac. Ainsi, les restes d’un phare ont par exemple été repéré en son milieu, qui pourrait avoir compté parmi les édifices de ce genre dans la Méditerranée romaine, avec le célèbre phare d’Alexandrie ou celui de Patara.

Durant les dernières années, le site a livré un matériel très riche, notamment d’époque byzantine,  avec la découverte de centaines de fioles ayant contenu des substances pharmaceutiques. Des quantités extrêmement importantes de verre ont aussi été découvertes : environ 20000 morceaux ont ainsi été collectés sur le site et dans des tombes sur les rives du lac.  La plupart sont des fragments de fenêtres ou de vitraux qui ont dû être utilisés dans les bâtiments importants, mais les archéologues ont aussi retrouvé des pièces de mosaïque en verre doré, des coupes, des bols et des verres à pied. Ces objets montrent que le standard de vie des habitants de la ville byzantine était assez élevé, car la plupart de ces objets sont de bonne facture.

Leur fabrication diffère de la production anatolienne, un grand centre de production de verre à l’époque. En revanche, beaucoup sont similaires à ceux exhumés sur le site du port antique et byzantin d’Eleutheros lors de la construction du métro à Yenikapı, un quartier d’Istanbul. Cela prouverait que Constantinople et ses alentours produisaient également du verre, potentiellement redistribué par les ports de la capitale.

 

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