Tombe d’un orfèvre égyptien fouillée sur l’île de Saï, en Nubie

L’île de Saï, située dans le nord du Soudan, est l’un des nombreux sites archéologiques de ce pays au patrimoine encore largement méconnu.  Aujourd’hui, des campagnes de fouilles régulières y sont menées, qui permettent peu à peu de mieux cerner son histoire. Dernière découverte à noter : la tombe d’un orfèvre égyptien, vieille de plus de 3400 ans.

L’île de Saï, un poste avancé égyptien en Nubie.

Cette île d’environ 12 km de long sur un maximum de 5 de large se situe dans la Basse-Nubie, entre la deuxième et la troisième cataracte, à environ 450 km au sud-ouest d’Assouan.

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Vue des ruines de la cité pharaonique sur l’île de Sai. Crédits : Bernard-Noël Chagny.

Durant l’antiquité, la région est stratégique pour les Égyptiens, de part sa richesse en métaux – notamment en or – et pour protéger le nord de la vallée du Nil des incursions nubiennes. Aussi s’efforcent-ils de la contrôler au Nouvel Empire en y édifiant des forteresses et en y implantant des colons.

Dans la partie nord de l’île de Sai, une cité fortifiée est aménagée au début de la XVIIIe dynastie (vers -1550 à -1292) afin d’y exploiter les mines d’or. Le site est aujourd’hui bien conservé, et les fouilles sur la ville et son temple édifié par Thoutmosis III ont débuté au milieu des années 50. Mais c’est dans la nécropole qu’a été dernièrement fouillée la tombe de l’orfèvre Khnoummose.

La tombe de l’orfèvre Khnoummose.

Cette tombe, appelée tombe 26 par les archéologues, a été découverte en 2015, mais n’a cependant complètement été fouillée qu’en 2017. Construite il y a 3400 ans par la communauté locale égyptienne, elle comporte de multiples chambres et les restes d’une douzaine de personnes ont été retrouvés par les archéologues.

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Tombe en or retrouvée dans la tombe. Crédits : Acrossborder.

Des offrandes funéraires se trouvaient aussi dans la tombe : une amulette en forme de scarabée – un type très répandu dans l’Égypte ancienne – placé sur le cœur du défunt, de la vaisselle en céramique, une bague en or, les restes de masques funéraires dorés portés par les défunts, ainsi qu’un shabti.

Certains des objets, comme la bague, portent des inscriptions hiéroglyphiques qui nous renseignent sur l’identité du propriétaire de la tombe : un homme appelé Khnoummose, décrit comme un « maître orfèvre ». A côté de ses restes se trouvaient ceux d’une femme, qui était peut-être son épouse.

Une tombe familiale ?

Qui étaient les autres défunts ? Peut-être des parents de Khnoummose, selon Julia Budka, professeur d’archéologie égyptienne et d’histoire de l’art à l’université Ludzig-Maximilian de Munich.

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Les corps de Khnoummose et de son épouse (?). Crédits : Acrossborder.

Les restes ont déjà été transportés au département d’archéogénétique de l’Institut Max Planck de Jena, en Allemagne, pour y être analysés. Si l’ADN contenu dans ces os est conservé, les chercheurs devraient pouvoir établir les liens de parenté entre les différents défunts.

Une autre question se pose aux archéologues : les corps ont-ils ou non été momifiés ? Sur ce sujet, Julia Budka rapporte que l’état de préservation des corps est assez mauvais, mais que leur position et des traces de bitume – parfois utilisé par les anciens Égyptiens dans leurs procédés d’embaumement – laisseraient penser qu’un genre de momification a été conduit pour toutes les personnes de la tombe qui avaient été placés dans des cercueils de bois. Mais le très mauvais état de conservation de ces cercueils ne permet pas de déterminer exactement combien de personnes en avaient reçu un lors de leur sépulture.

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