AntiquitéDécouverte archéologiqueJapon

Japon : deux épées rares dans une tombe du VIe siècle

Deux exemplaires très rares d’épées ont été mises mises à jour dans une tombe du VIe siècle, dans le district de Shimauchi, au sud de l’île Kyushu.

Royaume YamatoFouillée en 2014 et 2015, la tombe est en forme de tunnel sous-terrain, un style particulier à la période Kofun (250 à 538 de notre ère). A cette époque, le royaume Yamato domine la plus grande partie de l’archipel japonais, mais probablement pas le sud de Kyushu, où cette tombe est la première de ce style à avoir été retrouvée.

Tombe-tunnel de l'époque KofunLes tombes en forme de tunnel sous-terrain sont généralement de deux types : ou bien la chambre funéraire est agencée verticalement et ouvre sur le sommet du tumulus, ou bien un tunnel-chambre appelé yokoana est construit à même le sol et ouvre sur le côté du monticule. Dans les deux cas, l’intérieur est généralement très simple, mais ces tombes devaient abriter les dépouilles de personnages importants car elles contiennent généralement des offrandes funéraires de grande valeur, parfois issue du commerce lointain, qui montrent que ces tombes abritaient les dépouilles de personnages importants.

C’est le cas aussi à Shimauchi, puisque les archéologues en ont retiré une armure, des armes et des harnais de chevaux qui accompagnaient les restes de deux squelettes. Le matériel avait été envoyé pour analyse et conservation à l’Institut Gangoji à Nara, qui vient de rendre public ses résultats.

Le pommeau de l'épée en peau de raie (credits : ebino city government).
Le pommeau de l’épée en peau de raie (credits : ebino city government).

La tombe contenait deux épées qui se sont révélées à l’examen des objets exceptionnels et surprenants. La première, qui avait un pommeau de bois et est encore longue de 142 cm, devait en avoir 150 dans sa condition originelle : cela en fait la plus longue épée jamais retrouvée dans une tombe ancienne au Japon. Par ailleurs, un textile précieux appelé tate nishiki couvrait l’ouverture de son fourreau. C’est aussi une découverte rare, puisque quatre seulement remontant à cette période avaient jusqu’alors été retrouvés.

La deuxième épée mesure environ 85 cm et possède un pommeau rond ouvragé d’argent et couvert de peau de pastenague, une espèce de raie. Si l’on savait que l’utilisation de peaux de poisson était très ancienne en Extrême-Orient, il s’agit cependant du plus vieil exemple de cet artisanat jamais retrouvé dans cette partie du monde.

Les chercheurs pensent que la première épée serait un don du royaume Yamato. Quant à la seconde, elle pourrait venir du royaume coréen de Paekche (fondé en -18 et disparu en 660). En tout cas, elle montre que les occupants de la tombe avaient un statut social très important et pourrait avoir servi des hauts aristocrates du royaume Yamato.

 

Retour vers la page d’accueil

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *