Au Mexique, deux hauts-reliefs de l’époque épiclassique découverts à Tetlatlahuca
Des archéologues de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH) ont mis au jour deux reliefs en stuc sur le site de Cerro de las Tres Cruces, dans la commune de Tetlatlahuca (Etat de Tlaxcala), lors d’une opération de sauvetage archéologique d’urgence lancée en février 2026.
Des reliefs réalisés pour une élite et intentionnellement mutilés.
Datés de la période Épiclassique (650–900 de notre ère), les reliefs mesurent jusqu’à 1,80 m de long. Ils ont été trouvés dans ce qui ressemble à un patio de type palatial, au sein d’un complexe résidentiel ou administratif appartenant à l’élite de l’époque. Les deux sculptures ont été intentionnellement décapitées par le passé, au cours d’une acte probablement rituel ou politique lié à la chute du lignage qu’elles représentaient.
Des représentations liées au dieu Tláloc ?
Les motifs sculptés renvoient à la fertilité et au pouvoir sacré : corps de serpents, fragments de langue bifide et d’éléments dentaires pouvant être associés à Tláloc, dieu de la pluie et de l’eau. Les fouilles ont par ailleurs livré des sols stuqués, des parois enduites et des fragments de peintures murales proches du « style Cacaxtla », connu dans d’autres centres épiclassiques comme Xochicalco.

Un pouvoir partagé entre plusieurs cités ?
Ces ressemblances relancent la question de l’organisation politique durant cette période. Les chercheurs considèrent à présent que le pouvoir n’était peut-être pas concentré autour d’un seul centre dominant, mais partagé entre plusieurs communautés : Tetlatlahuca, Teacalco et San Juan Huactzinco auraient ainsi formé un réseau de sites dont l’élite interagissait, plutôt qu’une société à la hiérarchie rigide et pyramidale.
Les autorités fédérales et municipales ont signé une convention pour assurer la recherche, la conservation et la protection juridique du site. Les reliefs ont été consolidés avec des matériaux compatibles ; le site sera clôturé dans l’attente d’une ouverture au public.
Sources et crédits photographiques: INAH