Temple inconnu de Ramsès II découvert près des pyramides d’Abousir

Découverte archéologiqueEgypte ancienne

Les explorations archéologiques de 2012 et 2017 ont mis au jour des preuves de l’existence d’un sanctuaire entièrement inconnu jusqu’à présent. Il a été découvert à la limite orientale de la concession tchèque à Abousir, dans une zone qui constitue une transition naturelle entre la terrasse du Nil et la plaine inondable.


Abousir et les fouilles de la mission tchèque.

Situé à 25 kilomètres au sud du Caire, le site d’Abousir tire son nom de l’égyptien ancien Per Ousir, qui signifie « demeure d’Osiris ». Il se trouve tout près de Saqqarah, où une somptueuse tombe de l’Ancien Empire a récemment été découverte, et fait partie des principales nécropoles de l’Ancien Empire.

Mais après cette période, la nécropole perd largement de son importance. Les archéologues n’y ont ainsi retrouvé que très peu de traces du Moyen et du Nouvel Empire, même si durant les périodes saïtes et perses, quelques nouveaux tombeaux sont édifiés.

Le site a été fouillé au début du XXe siècle par des archéologues allemands, mais depuis 1976, c’est une mission archéologique tchèque qui dispose d’une concession de fouilles à Abousir. Menée à l’heure actuelle par Miroslav Bárta, elle jouit d’une renommée mondiale et a déjà été à l’origine de découvertes importantes, comme celle de la tombe jusqu’alors inconnue de l’épouse du pharaon Néferefrê, Khentkaous III, en 2015.


Un complexe religieux important.

Abousir Abusir temple Ramsès II
Vue des vestiges du temple, à la limite du site archéologique d’Abousir, près du Caire.

Les dernières campagnes de fouilles, à l’extrémité est de la concession tchèque, ont ainsi permis la mise au jour d’un complexe religieux important, mesurant 51 mètres sur 32, dont la plus grande partie a déjà été fouillée et documentée par l’équipe tchèque.

On accédait à ce temple par deux grands pylônes de brique crue, qui étaient partiellement ou totalement peints en bleu. Derrière se trouvait une large avant-cour, peut-être autrefois bordée de colonnes, d’où l’on pouvait accéder à deux grands entrepôts identiques et particulièrement longs, qui flanquaient les côtés gauche et droit du sanctuaire, ainsi qu’à la cour de pierre.

« Les dépôts n’étaient pas situés à l’intérieur du temple mais dans ses proches environs. Ils servaient pour stocker des offrandes utilisées pour les cultes mais aussi l’équipement du temple – des outils en pierre et en métal, des vases, de la céramique, des tissus, etc. »

De l’arrière de la cour, une rampe ou des escaliers donnaient accès au sanctuaire lui-même, construit en pierre et surélevé. Il était lui-même divisé en trois salles parallèles et constituait le véritable cœur du complexe. Ses vestiges étaient recouverts d’énormes dépôts de sable et d’éclats de pierre qui se sont révélés une source inestimable d’informations : beaucoup d’entre eux portent encore des fragments de reliefs polychromes.


Un temple témoignant du programme architectural de Ramsès II.

Ces trouvailles sont précieuses, non seulement pour la reconstruction du programme décoratif du sanctuaire, mais aussi pour le dater et en définir la fonction. En se fondant à la fois sur les textes et sur les données iconographiques, les chercheurs datent le complexe du règne de Ramsès II (vers 1279 à 1213 avant notre ère), le plus grand pharaon du Nouvel Empire et un bâtisseur infatigable. Son nom et son titre royal sont en effet attestés parmi les fragments de reliefs retrouvés.

cartouche Ramsès II temple Abousir Abusir
Cartouche trouvé sur le site, portant l’un des noms faisant partie de la titulature de Ramsès II.

Jusqu’à présent, les fragments de bas-reliefs qui ont pu être identifiés sont liés au culte de divinités solaires, comme Râ, Amon ou Nekhbet, et à l’autorité royale (le roi et Horus). Selon le directeur de la mission tchèque, le professeur M. Bárta, un sanctuaire de ce type correspond tout à fait au programme architectural de Ramsès II dans la région de Memphis, même s’il s’agit du seul temple de ce pharaon attesté jusqu’à présent dans les nécropoles d’Abousir et de Saqqarah.

« Les temples n’étaient généralement pas construits dans les nécropoles » indique M. Bárta. « Nous étions donc très surpris parce que le temple est érigé à l’emplacement de tombeaux qui y avaient été construits de 1200 à 1300 ans avant la création du temple. Nous étions au courant de l’existence d’une grande structure sur ce lieu grâce aux images satellites et aux méthodes géophysiques; mais nous ne doutions pas qu’il s’agirait d’un temple de Ramsès II. »

 

Retour vers la page d’accueil

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *