Antiquité égyptienneAntiquité gréco-romaineDécouverte archéologique

Tête d’Aphrodite en marbre et cartouche de Sésostris III mis au jour à Héracléopolis Magna

À Ihnasya al-Madina, dans le gouvernorat de Beni Suef, une mission archéologique égyptienne du Conseil suprême des antiquités vient de livrer une série de découvertes couvrant plus de trois millénaires d’occupation. Sur le site de l’antique Héracléopolis Magna, les fouilleurs ont mis au jour un cartouche de Sésostris III, une tête de marbre représentant Aphrodite et de nouvelles sections d’une basilique romaine. Ces trouvailles illustrent la remarquable longévité historique d’une cité qui fut tour à tour capitale pharaonique, métropole grecque et centre romain prospère.


Ihnasya, de la première dynastie à l’époque romaine.

La ville, connue sous le nom égyptien de Nenj-neswt, figure parmi les sites les plus anciens du pays. La Pierre de Palerme mentionne déjà une visite du roi Den au lac sacré d’Heryshef, attestant de son existence dès le milieu de la Première Dynastie, vers 2970 avant notre ère. Ihnasya devint ensuite la capitale de l’Égypte sous les IXe et Xe dynasties, avant de rester un centre religieux et administratif de premier plan tout au long du Moyen Empire, du Nouvel Empire et de la Troisième Période intermédiaire. Sous domination grecque puis romaine, la cité prit le nom d’Héracléopolis Magna – la Grande Ville d’Héraclès.


Un cartouche de Sésostris III et un culte local.

Parmi les pièces les plus significatives figure un bloc de pierre réemployé portant une inscription en relief aux noms de couronnement et de naissance de Sésostris III, puissant souverain de la XIIe dynastie. Pour Hisham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités, cette inscription confirme l’attention particulière que le roi accorda aux monuments d’Ihnasya et souligne le statut sacré de la cité pendant le Moyen Empire.

Sur le même bloc apparaît un cartouche au nom d’Osiris-Naref, divinité vénérée à Ihnasya de l’époque pharaonique jusqu’à la période ptolémaïque. Ce culte local constitue un marqueur important de l’identité religieuse de la ville à travers les siècles.


Une tête d’Aphrodite d’une facture remarquable.

L’une des pièces les plus frappantes de cette campagne est une tête de marbre représentant Aphrodite, déesse grecque de l’amour et de la beauté. Mesurant environ 24 sur 25 centimètres, la sculpture se distingue par la finesse de son traitement : traits du visage délicatement ciselés, chevelure bouclée caractéristique des représentations classiques de la divinité. Selon Mohamed Abdel Badie, directeur du secteur des antiquités égyptiennes, la pièce est rare et témoigne d’une maîtrise artistique de haut niveau. Sa présence à Heracleopolis Magna illustre la profondeur de l’influence culturelle grecque et romaine dans une ville qui avait su intégrer plusieurs traditions religieuses et artistiques sur la longue durée.

Tête d'Aphrodite retrouvée à Héracleopolis Magna

Une basilique romaine construite sur un temple dorique.

Les fouilles ont également dégagé de nouvelles sections d’une basilique romaine, ainsi que les vestiges d’un temple dorique antérieur. Les premières analyses indiquent que les constructeurs de la basilique ont démoli ce temple au VIe siècle de notre ère pour en récupérer les blocs, utilisés pour les fondations et le dallage. Certains éléments architecturaux atteignent une quarantaine de tonnes ; trois colonnes se dressent encore en position originelle.

Des fragments de statues murales, de la poterie et des moules en terre cuite destinés à la frappe de monnaies ont complété l’ensemble – autant d’indices de la vitalité économique et culturelle d’Heracleopolis Magna à l’époque romaine.

Vestiges romains à Héracleopolis Magna en Egypte

Source: Ministère du Tourisme et des Antiquités égyptiennes
Crédits photographiques: Supreme Council of Antiquities (SCA) 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *