Découverte archéologiqueEgypte ancienne

Thoutmosis II : première tombe royale identifiée depuis un siècle à Louxor

En 2022, une mission britannico-égyptienne a mis au jour une sépulture dans les Vallées Occidentales de la nécropole thébaine, près de Louxor. Cette région désertique de Haute-Égypte abritait les tombes des dignitaires du Nouvel Empire. En 2025, les archéologues confirment l’identification du propriétaire : le pharaon Thoutmosis II. Cette annonce marque un tournant historique. Il s’agit de la première sépulture royale découverte dans la nécropole thébaine depuis celle de Toutânkhamon en 1922.


Un souverain dans l’ombre de la reine Hatchepsout.

Thoutmosis II appartient à la XVIIIe dynastie, une lignée prestigieuse ayant compté des souverains tels qu’Amenhotep II, Akhénaton ou Toutânkhamon. Son règne, situé entre 1493 et 1479 avant notre ère, demeure éclipsé par celui de son épouse et sœur, la reine Hatchepsout. Cette dernière a gouverné le pays, lancé des expéditions vers le pays de Pount et érigé le temple de Deir el-Bahari. La découverte de cette sépulture lève le voile sur l’emplacement des tombes des premiers rois de cette dynastie, jusqu’ici méconnus.


Les indices d’une sépulture royale.

La tombe se situe à deux kilomètres des sépultures classiques de la Vallée des Rois, dans un secteur initialement associé aux femmes de la famille royale. Cependant, plusieurs éléments décoratifs confirment le statut royal du défunt :

  • Le plafond : Une partie intacte présente un fond bleu parsemé d’étoiles jaunes, un motif réservé aux rois.
  • Les textes sacrés : Les parois affichent des scènes de l’Amduat, un texte religieux funéraire exclusivement destiné aux pharaons.
  • Le style : La présence de décors peints atteste de la plus haute autorité de l’époque.

L’archéologue Piers Litherland décrit une émotion intense lors de l’entrée dans les lieux, qualifiant la découverte de « totalement extraordinaire » et « bouleversante ».


Un enterrement complexe et un déménagement antique.

Sarcophage et momie de Thoutmosis II, découvertes au XIXe siècle
Sarcophage et momie de Thoutmosis II.

Les recherches reconstituent une histoire mouvementée. Peu après l’inhumation, des inondations ont endommagé la tombe, construite sous une cascade naturelle activée par les pluies. Les autorités de l’époque ont alors décidé de transférer la momie de Thoutmosis II et son mobilier funéraire vers un lieu plus sûr.

Cela explique que les archéologues n’aient retrouvé aucun objet dans la sépulture, bien qu’elle n’ait pas été pillée. Cependant, lors du tamisage des sédiments, ils ont mis au jour des fragments de vases en albâtre, probablement brisés lors du déplacement du mobilier. Hors, ils portent les noms de Thoutmosis II et d’Hatchepsout. Ces indices ont permis l’identification formelle de la tombe.

Cependant, la momie royale n’avait pas encore fini son périple. Sous la XXe dynastie, le corps du roi fut à nouveau déplacé vers la cachette royale de Deir el-Bahari pour le protéger des pillages. Sa momie y fut retrouvée à la fin du XIXe siècle, en compagnie de nombreux autres rois et reines du Nouvel Empire, et se trouve aujourd’hui au musée du Caire.


Vers la découverte d’un second tombeau ?

Cette découverte couronne douze années de travaux menés par la New Kingdom Research Foundation et le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités. L’équipe a déjà identifié plus de 30 épouses royales dans ce secteur.

Désormais, les archéologues recherchent l’emplacement de la seconde tombe de Thoutmosis II. Bien que dépourvue de sa momie, déjà retrouvée, et probablement pillée dans l’antiquité, elle pourrait encore contenir une partie de son mobilier funéraire d’origine.

Source ici (en anglais).
Crédits photographiques : Images dans le domaine public.

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