Tombe monumentale de l’âge du bronze et cheval sacrifié découverts en Arménie
Une équipe franco-italienne d’archéologues travaillant dans l’ouest de l’Arménie a mis au jour des armes en bronze, des pointes de flèches en obsidienne et les restes d’un cheval sacrifié. La sépulture, désignée sous le nom de tombe n° 3, se situe dans le complexe archéologique de Shamiram, dans la province d’Aragatsotn. Ces vestiges apportent de nouvelles données sur la hiérarchie sociale et les rites funéraires dans les hautes terres arméniennes il y a plus de 3 000 ans.
Un monument funéraire et un sacrifice rituel.
La tombe n° 3 date du Bronze récent, soit une période comprise entre 1600 et 1200 avant notre ère. Sa structure se compose de plusieurs enceintes concentriques en pierre centrées sur un caisson funéraire principal. Une telle construction imposante a nécessité une organisation collective et une main-d’œuvre importante.
À l’intérieur de la chambre, les chercheurs ont répertorié un mobilier funéraire riche. L’inventaire comprend des armes en bronze ainsi que des pointes de flèches façonnées en métal et en obsidienne. Ces objets témoignent de l’autorité, du statut militaire ou des pratiques de chasse du défunt. Les archéologues y ont également découvert le squelette d’un cheval déposé lors du rituel d’inhumation. L’Institut d’archéologie et d’ethnographie d’Arménie souligne que le sacrifice d’un animal de cette valeur symbolisait le rang élevé et la puissance économique des élites locales. La campagne menée du 26 mai au 25 juin 2026 prolonge les travaux initiés sur ce secteur lors des saisons précédentes.

L’occupation de Shamiram avant l’empire d’Urartu.
Les fouilles ont également révélé des niveaux d’occupation antérieurs à l’intégration du site dans le royaume d’Urartu, aussi appelé royaume de Van. Derrière l’une des tours de la forteresse urartienne, l’équipe a identifié une pièce datant du Fer moyen présentant des traces nettes de destruction par le feu. Sous ce niveau brûlé, les archéologues ont mis au jour une sépulture plus ancienne, antérieure au système défensif urartien.
Cette succession de couches permet de mieux comprendre l’évolution de l’habitat local entre le IXe et le VIe siècle avant notre ère, époque où les souverains d’Urartu ont étendu leur administration et bâti de vastes fortifications dans la région.

Architectures urartiennes et réaménagements ultérieurs.
L’exploration des structures défensives a révélé que l’entrée en L de la muraille 2 date d’une reconstruction hellénistique au-dessus d’une porte plus ancienne du Fer moyen. Au niveau de la tour 3, le nettoyage des maçonneries a dégagé une structure mégalithique urartienne de 8,5 mètres sur 8,5 mètres. La taille de cette construction confirme que Shamiram constituait un centre fortifié majeur.
Des bases de colonnes, des pièces adjacentes aux tours ainsi que des bâtiments médiévales bien conservés montrent que le tracé des murailles antiques a continué de structurer l’urbanisme du plateau rocheux longtemps après la perte de sa fonction militaire initiale.
Plus de trois millénaires d’histoire continue.
Le site de Shamiram s’étend sur un vaste plateau fortifié comprenant des zones d’habitat, des remparts et plusieurs nécropoles. L’occupation s’est poursuivie sans interruption majeure depuis le Bronze récent et l’âge du Fer jusqu’aux époques urartienne, post-urartienne, hellénistique, de l’Antiquité tardive et du Moyen Âge.
La mission scientifique est codirigée par Varduhi Melikyan pour l’Arménie et Roberto Dan pour l’Italie, dans le cadre d’une collaboration entre l’Institut d’archéologie et d’ethnographie de l’Académie nationale des sciences d’Arménie et l’ISMEO (Association internationale d’études méditerranéennes et orientales). L’analyse anthropologique des ossements humains et l’étude du matériel archéologique permettront de préciser l’identité du défunt et d’éclairer les raisons du sacrifice du cheval.
Institut d’Archéologie et d’Ethnographie de l’Académie Nationale des Sciences d’Arménie
Crédits de l’image de couverture: Institut d’Archéologie et d’Ethnographie de l’Académie Nationale des Sciences d’Arménie via Facebook
