Découverte d’une tribune VIP à Cnide

Reproduction d'une monnaie cnidienne représentant la statue d'Aphrodite.
Reproduction d’une monnaie cnidienne représentant la fameuse statue d’Aphrodite. L’original est perdu, mais de nombreuses copies grecques ou romaines subsistent.

Connue pour avoir acquis et abrité l’une des plus célèbres sculptures de l’antiquité gréco-romaine, l’Aphrodite de Cnide, sculptée par Praxitèle au IVe siècle avant notre ère, la cité de Cnide était une ville antique de Carie dont les ruines se situent aujourd’hui sur la côte sud-ouest de la Turquie.

cité antique Cnide
Vue des ruines de Cnide, de ses ports et de l’ancienne île de Tropion.

Fondée par les Lacédémoniens selon Hérodote, la ville fit partie de l’Hexapole dorienne, une confédération de six villes, dont l’assemblée se réunissait à Cnide et y célébrait des jeux. Sa situation favorable lui permit de prospérer grâce au commerce. Elle se soumit aux Perses lors des guerres médiques, participa à la ligue de Délos et connut une période florissante à l’époque hellénistique. Sostrate, qui construisit le phare d’Alexandrie, y naquit ; on y trouvait aussi une célèbre école de médecine.

La ville se soumit aux Romains et les soutint contre le roi séleucide Antiochos III. Sa prospérité ne se démentit ni à l’époque romaine ni au début de l’époque byzantine. Mais entre le VIIe et le IXe siècle, les séismes et les invasions perses et arabes ruinèrent la cité, comme de nombreux autres centres antiques d’Asie Mineure. La ville fut alors peu à peu abandonnée.

plan cité antique Cnide
Plan de Cnide et de ses principaux monuments.

Cnide s’étendait à la fois sur le continent et sur l’île de Triopion, à laquelle elle était reliée par un pont et une chaussée délimitant un port de guerre au nord et un autre au sud, plus important et fermé par deux môles artificiels qui subsistent encore de nos jours. L’acropole se trouvait au nord-est du centre urbain et la ville était ceinte de remparts.

L’importance des vestiges subsistants témoignent encore de son importance durant l’antiquité, et des fouilles y ont eu lieu tout au long des années 2000. La découverte de nouvelles structures vient d’ailleurs d’être annoncée : les archéologues ont mis à jour le mur principal d’un petit théâtre de 5000 places, long d’une centaine de mètres et haut de sept à huit, près duquel se trouvaient deux structures voûtées. La plus grande pourrait avoir été une source d’eau et la seconde un entrepôt.

La structure la plus intéressante serait ce que les archéologues qualifient de « zone VIP », une tribune qui aurait servi à honorer et récompenser des individus devant un large public, au cours des cérémonies qui avaient lieu dans la rue principale de la ville.

Le lion de Cnide au British Museum.
Le lion de Cnide au British Museum.

La trouvaille la plus renommée faite à Cnide reste cependant celle d’une sculpture monumentale de six tonnes représentant un lion, découverte en 1858. Réalisée entre 350 et 200 avant notre ère, elle se trouvait probablement au sommet d’une tombe de dix-huit mètres de haut imitant peut-être le mausolée d’Halicarnasse, une autre cité de l’Hexapole dorienne. Il est aujourd’hui abrité au British Museum.

 

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