Découvertes d’épaves et des ruines submergées du port antique de Délos

L’île de Délos avait une importance particulière dans le monde grec antique. Réputée pour avoir été le lieu de naissance d’Artémis et d’Apollon, dieux majeurs du panthéon grec, cette petite île des Cyclades était « l’île la plus sacrée de toutes les îles », où nul n’avait le droit de mourir. Elle abritait de grands sanctuaires et était un port florissant. Aujourd’hui inhabitée, elle est fouillée depuis le XIXe siècle par l’École française d’Athènes, qui a conduit en collaboration avec l’Éphorat des antiquité sous-marines à de nouvelles explorations près des côtes de l’île, au cours desquelles des ruines submergées et de nombreuses épaves antiques ont été localisées.

Un brise-lame gigantesque.

Les repérages et fouilles sous-marines ont été menées par des équipes d’archéologues entre le 2 et le 20 mai dernier, sous la direction des Dr. Moretti et Zarmakoupi. Les restes de structures côtières submergées, d’un port et d’un grand nombre d’épaves ont été repérés.

Les archéologues ont notamment conduit une étude poussée des ruines submergées de l’ancien brise-lame qui protégeait le port principal de l’île contre les puissants vents du nord-ouest. Il est aujourd’hui submergée, car le niveau de la mer a augmenté de deux mètres depuis l’antiquité. Selon le compte-rendu des autorités grecques, la digue était une « structure impressionnante, d’environ 160 mètres de long et d’au moins 40 mètres de large, construite sur une accumulation de pierres non taillées, alors que sa partie supérieure était pour sa plus grande partie construite en blocs de granite d’une taille impressionnante ». La date de construction de cet ouvrage reste pour l’heure inconnue, mais la poursuite des recherches archéologiques pourrait permettre de le savoir.

Des épaves de l’époque hellénistique.

Le brise-lame n’est pas le seul vestige que les archéologues ont repéré. Ils ont aussi retrouvé des restes de murs et une colonnade effondrée, ainsi que plusieurs épaves. L’une d’entre elles, d’époque hellénistique, transportait des amphores d’huile et de vin d’Italie et de l’ouest de la Méditerranée. Deux autres épaves de la même époque ont été retrouvées un peu plus loin, à la pointe sud de Délos et dans une baie de Rineia, une île inhabitée à quelques encablures à l’ouest de Délos. D’autres épaves, dont la localisation était connue, ont aussi été photographiées par la mission archéologique.

Tous ces navires remontent à une période comprise entre la fin du IIe siècle et le Ier siècle avant notre ère. A cette époque, l’île était au faîte de sa prospérité, ce qui est confirmé par les trouvailles archéologiques. Diverses amphores d’époques et de provenances différentes ont en effet été retrouvées : de la région égéenne, mais aussi d’Italie, d’Espagne et d’Afrique du nord, prouvant que l’île était sur étape importante sur les routes commerciales de l’époque.

Mais en -88 le roi Mithridate VI du Pont, en guerre contre les Romains, lance un raid sur l’île, la pille et massacre ses habitants. Délos ne se remettra jamais de ce coup dur, et l’île est définitivement abandonnée au VIIe siècle de notre ère, lorsque son lac s’assèche.

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