Actualité archéologiqueEn péril

Temple vieux de 3000 ans très touché par les frappes turques en Syrie

Le sanctuaire néo-hittite d’Ain Dara, situé dans le nord de la Syrie et vieux de plus de 3000 ans, a été largement détruit par des frappes de l’aviation turque dans le cadre de son intervention en Syrie du nord contre l’enclave d’Afrine, contrôlée par les forces kurdes.

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Statue du lion de basalte d’Ain Dara.

Situé sur le site archéologique de Tell Ain Dara, qui présente également des ruines d’occupations plus tardives, notamment à l’époque hellénistique, le temple avait été repéré et fouillé après la découverte de la statue colossale d’un lion de basalte en 1955. Plusieurs campagnes de fouilles organisées dans les années 50, 60 et 80, avaient conduit à la mise à jour d’importants éléments sculptés, notamment des lions et des sphinges. Un bassin de pierre ainsi que deux empreintes de pieds (plus grands que nature) gravées dans la roche et symbolisant peut-être la présence des divinités faisaient également partie des vestiges les plus marquants.

Consacré à la déesse de la fertilité Ishtar, ou peut-être à Astarté ou Baal Hadad, le sanctuaire avait été en activité à l’époque néo-hittite, entre les années -1300 et -740, et avait connu trois principales phases de construction.

L’opération militaire turque lancée le 20 janvier 2018 contre l’enclave kurde d’Afrine s’est accompagnée de plus d’une centaine de frappes aériennes. La raison pour laquelle la zone archéologique a été touchée, alors qu’elle est inhabitée, n’a pas encore été éclaircie. En revanche, les bombardements semblent avoir sévèrement endommagé le temple, qui d’après l’observatoire syrien des droits de l’homme, a été détruit à 60%.

Le patrimoine de la région, qui compte de nombreux et remarquables sites archéologiques, a beaucoup souffert de la guerre civile. Ainsi le monastère de Saint-Siméon-le-Stylite, remontant au Ve siècle et dont les ruines se situent à 10 km seulement d’Ain Dara, avait aussi été sévèrement abîmés en mai 2016.

Plusieurs sites classés sous le nom de « villages antiques du Nord de la Syrie » au patrimoine mondial de l’UNESCO se trouvent aussi dans un rayon de quelques kilomètres autour d’Afrine, et pourraient être affectés par les combats en cours.

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