A Bouto, un grand temple de l’époque saïte révélé par satellite
Le site archéologique de Buto, connu sous le nom de Tell el-Fara’in, se trouve dans le nord-ouest du delta du Nil en Égypte. Il abrite des couches d’occupation complexes allant de la période prédynastique au début de l’ère islamique et réserve un potentiel archéologique immense. Une étude intégrée combinant l’imagerie radar par satellite, la tomographie de résistivité électrique et des fouilles traditionnelles a permis de cartographier avec précision des vestiges architecturaux souterrains.
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L’imagerie spatiale au service de l’archéologie.
Tout comme le LiDAR, l’imagerie spatiale peut se révéler très utile pour les archéologues. L’analyse des données radar du satellite Sentinel-1 a identifié une vaste anomalie enfouie de forme ovale mesurant 128 x 62 mètres. Cette observation à grande échelle pénètre le sol sec sur plusieurs dizaines de centimètres. Elle a guidé les chercheurs vers la zone la plus prometteuse du site pour des examens géophysiques approfondis.
La tomographie révèle un édifice de l’époque saïte.
La tomographie de résistivité électrique a sondé le sous-sol de la butte archéologique nommée Kom C. Les couches supérieures, de 0 à 3 mètres de profondeur, renferment des matériaux dispersés de l’époque ptolémaïque ou romaine. On y trouve des briques crues, des débris de calcaire et des fragments de céramique. Entre 3 et 6 mètres de profondeur, les capteurs tridimensionnels ont détecté une anomalie de résistivité très nette. Il s’agit d’une structure en briques crues datant de la 26e dynastie, au septième ou sixième siècle avant notre ère. Ce bâtiment rectangulaire mesure environ 20 x 25 mètres et possède des murs atteignant 5 mètres d’épaisseur. Cette construction massive repose sur une fondation de sable artificiel située entre 6 et 7 mètres de profondeur. Cela indique un nivellement volontaire du terrain avant l’édification.

Des fouilles confirment la présence d’un complexe religieux.
Les archéologues ont ensuite fouillé une zone de 10 x 10 mètres, divisée en quatre carrés de 5 x 5 mètres. Le travail manuel a mis au jour plusieurs murs en briques crues, mesurant entre 55 et 150 centimètres de largeur. Les chercheurs ont également découvert de nombreux objets cultuels enfouis. L’équipe a dégagé des amulettes en faïence et en bronze représentant des divinités égyptiennes comme Isis, Horus, Taweret, Bès et Wadjet. Ils ont aussi exhumé un scarabée en stéatite portant le nom du roi Thoutmôsis III. Ces reliques religieuses suggèrent que la structure servait de temple secondaire ou de complexe religieux durant l’époque saïte.
La combinaison de l’imagerie spatiale, des mesures géophysiques et des fouilles archéologiques offre une vision très précise des installations enfouies. Cette méthode décrypte l’évolution complexe du site de Buto et cible efficacement les recherches sur le terrain.
