Découverte archéologiqueEgypte ancienne

Chapelle funéraire d’un dignitaire du pharaon Ouserkarê découverte à Saqqarah

Saqqarah, l’une des nécropoles de Memphis, est un site d’une énorme importance pour les égyptologues. Aujourd’hui surtout connue pour la première pyramide, à degrés, édifiée pour le pharaon Djéser vers -2600, elle est demeurée en activité durant toute la période pharaonique et recèle un potentiel archéologique gigantesque, notamment pour l’étude de l’Ancien Empire.

Des archéologues de la mission archéologique polono-égyptienne de Saqqarah en ont apporté une nouvelle preuve en fouillant une chapelle funéraire liée à une tombe appartenant à un dignitaire de la VIe dynastie, remontant au règne du mystérieux pharaon Ouserkarê. On sait peu de choses de ce souverain (dont le nom signifie « Puissant est l’âme de Râ ») qui aurait régné entre la fin du XXIVe et le début du XXIIIe siècle avant notre ère. La rareté des sources écrites et archéologiques relatives à ce souverain ont donné lieu à de nombreuses hypothèses concernant ses relations avec son prédécesseur, le pharaon Téti (fondateur de la VIe dynastie) et son successeur Pépi Ier. L’une d’entre elle soutient par exemple qu’il serait monté sur le trône en orchestrant un complot de harem avec les gardes du corps du palais menant à l’assassinat du pharaon Téti.

Durant cette campagne de fouilles, les recherches des archéologues ont permis de dégager la façade d’une chapelle funéraire se trouvant sur le bord oriental d’un grand fossé sec rectangulaire entourant le complexe funéraire du principal monument de Saqqarah, la pyramide à degré du pharaon Djéser. Ce fossé, resté en usage pendant plusieurs centaines d’années après la mort de ce souverain, est aujourd’hui presqu’entièrement recouvert de gravats et de sable apporté du désert par le vent. Selon certains chercheurs, il constituait une barrière entre la sphère sacrée de la tombe royale, et le monde profane à l’extérieur. Pour d’autres, ce n’était qu’une carrière dont ont été extraits les matériaux pour construire la pyramide. Il y a quelques années, le professeur Kuraszkiewicz de la mission archéologique polono-égyptienne a proposé une autre interprétation : ce fossé serait une représentation tridimensionnelle de la route devant mener le pharaon défunt vers l’au-delà.

La chapelle est décorée de bas-reliefs et d’inscriptions hiéroglyphiques qui nous renseignent sur son propriétaire, un dignitaire dénommé Mehcheczi. C’était un commis du pharaon, chargé de gérer les domaines royaux, et qui était « admis aux secrets des archives du pharaon ». Cela indiquerait qu’il pouvait accéder aux documents de la chancellerie royale avant qu’ils ne soient publiés. Tout semble indiquer que Mehcheczi était un contemporain de Merefnebef, un vizir (équivalent d’un premier ministre actuel) très respecté durant la VIe dynastie, et dont la tombe découverte en 1997 est l’une des rares à Saqqarah à avoir conservé les couleurs de ses décorations.

« Nous n’avons dévoilé que la façade de la chapelle, l’intérieur attendra la prochaine saison de fouilles »

Kamil O. Kurasykiewicz, Faculté des Etudes Orientales de Varsovie.

Les archéologues ont cependant constaté que les bas-reliefs sont d’une beauté exceptionnelle et très habilement réalisés, comparables en qualité à ceux de la tombe de Merefnebef. Cependant, la chapelle n’a jamais été achevée et de nombreux reliefs sont encore à l’état d’esquisses à l’encre noire sur le plâtre calcaire. On peut y reconnaître des vaches, des oryx (un genre d’antilope) et des ibex (un genre de bouquetin).

Lors de la prochaine saison de fouilles, l’équipe est quasiment certaine de retrouver le puits qui conduisait à la tombe du dignitaire, et espère pouvoir l’explorer et en apprendre davantage sur ce personnage.


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