Découverte archéologiqueRome antique

Découverte en Espagne d´une balle de fronde portant le nom de Jules César

Une étude sur une balle de fronde en plomb portant le nom de Jules César, découverte en 2019 dans la campagne de Montilla (en Andalousie) vient d’être publiée et pourrait contribuer à mettre un terme à un débat concernant la localisation de l’une des dernières batailles de la guerre civile romaine à l’époque de Jules César.


La fronde, une arme usuelle des armées antiques.

Projectiles de fronde romains retrouvés en 2015 en Allemagne
Balles de fronde romaines retrouvées en Allemagne en 2015.

La fronde est une petite arme à projectile à main munie d’un petit berceau ou d’une poche au milieu de deux cordes de rétention.

Son origine pourrait remonter au Paléolithique supérieur, coïncidant avec l’apparition de nouvelles technologies telles que le lanceur de javelot et l’arc et les flèches. Durant l’antiquité, la fronde est devenue une arme courante que l’armée romaine a adopté pour les tirailleurs. Les frondeurs sont alors très recherchés.

Car c’est une arme assez une arme redoutable, comme le rapporte l’écrivain romain Végèce dans son traité de tactique militaire du IVe siècle. Les frondeurs d’élite sont capables de viser juste à près de 200 mètres, causant ainsi d’importants dégâts aux troupes adverses, et sont particulièrement redoutables dans des endroits pierreux pour défendre une éminence ou repousser les assauts contre des forteresses ou des villes.

Malgré leurs armures, les soldats sont souvent plus gênés par les balles des frondes qu’ils ne le sont par toutes les flèches des ennemis. Les pierres tuent sans mutiler le corps ni verser le sang« 

Végèce

Légers et mobiles, les frondeurs intervenaient souvent en auxiliaires, avec les archers et les lanceurs de javelots, pour fatiguer et affaiblir l’ennemi avant que les légionnaires n’engagent le corps-à-corps. La densité des projectiles, souvent en plomb, n’entraînait que peu de perte de vitesse, et il était fréquent que les soldats y laissent des inscriptions, comme le nom de leur général ou de leur légion.


Un témoin de la bataille de Munda.

Le projectile retrouvé est le premier exemple jamais identifié de balle de fronde portant le nom de Jules César, abrégé en CAES. Une seconde inscription IPSCA, fait référence au nom d’un oppidum ibérique, situé à la frontière de l’actuel territoire de Baena, à une vingtaine de kilomètres du lieu de la découverte.

Il est possible que la balle de fronde trouvée à Montilla provienne de combats lors de la guerre civile entre César et les partisans de la République, les Optimates. César mène alors contre eux une deuxième campagne dans la péninsule ibérique, et les affronte au cours de la bataille de Munda. Cette bataille, qui se déroule le 17 mars 45 avant notre ère, est la dernière grande bataille entre les partisans de la République et César. Après sa victoire, celui-ci rentre triomphalement à Rome et gouverne avec le titre de dictateur, avant d’être assassiné l’année suivante.

La découverte de ce projectile pourrait de fait indiquer le site de la bataille de Munda, dont l’emplacement a longtemps fait l’objet de débats, les environs de Montilla étant l’une des principales hypothèses.

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