Découverte archéologiqueRome antique

La plus vieille bouteille d’huile d’olive au monde dormait dans le musée de Naples

C’est grâce au programme de télévision italien « Stanotte a Pompei » que cette bouteille a pu revenir à la lumière, après des siècles d’oubli. Comme d’innombrables trouvailles provenant des sites archéologiques de la zone, et notamment de Pompéi et d’Herculanum, elle dormait dans les immenses dépôts du musée archéologique de Naples. 


Une bouteille d’huile d’olive vieille de 2000 ans ensevelie par le Vésuve.

L’état de cette bouteille est stupéfiant : l’éruption du Vésuve en 79 l’a laisée intacte, et elle semble prête à reprendre sa place au milieu d’un repas. Elle conserve encore son bouchon et son contenu est visible. Les analyses ont montré qu’il s’agissait d’huile d’olive, solidifiée par la chaleur et le passage des siècles.


Impossible de dire exactement d’où provient l’objet. Les informations concernant sa découverte se sont perdues : les chercheurs pensent qu’elle aurait pu être découverte à Herculanum, lors des premières explorations archéologiques du site. Celles-ci remontent à loin. Découverts avant Pompéi, les vestiges de la petite cité voisine d’Herculanum ont été découverts – par hasard – dès le début du XVIIIe siècle. C’est Emmanuel-Maurice de Lorraine, duc d’Elboeuf, qui fait mener les premiers forages et remonter les premières antiquités – d’une manière assez sauvage pour que le pape intervienne pour y mettre fin. Entre 1738 et 1745, des fouilles plus organisées sont commencées sous l’impulsion du roi de Naples, Charles de Bourbon. Ce serait au cours de ces années que la bouteille aurait pu être retrouvée.


Si des échantillons plus anciens avaient déjà été retrouvés en Italie ou dans le bassin Méditerranéen, il s’agit cependant du seul exemple de bouteille parvenue intacte jusqu’à nous, qui plus est avec un tel volume de son contenu.


L’huile d’olive, un commerce essentiel dans la Méditerranée antique.

A l’époque de l’éruption du Vésuve en 79, l’huile d’olive est produite dans tout le monde romain. Le monde antique en fait en effet un usage quotidien : pour la cuisine, comme aujourd’hui, mais aussi pour les luminaires. L’huile d’olive est en effet utilisée pour alimenter les lampes à huile qui constituent l’un des moyens les plus communs pour s’éclairer dans le monde antique. Elle avait cependant encore bien d’autres usages : elle était utilisée pour la fabrication du savon et autres cosmétiques, en médecine ou pour des rituels religieux, et les athlètes l’utilisaient aussi pour se huiler leurs corps avant leurs exercices gymnastiques ou athlétiques. 

Presse à olives romaine, plus vieille bouteille d'huile d'olive au monde


Autant dire que sa production était primordiale dans le monde antique. Elle semble avoir commencé dès le néolithique, même s’il n’est pas très clair où exactement, en Asie Mineure ou au Moyen-Orient. Vers -2500, la production est bien implantée dans la Crète minoenne. Les Phéniciens et les Grecs, qui colonisent tous deux les côtes méditerranéennes, vont contribuer à étendre sa production vers l’Afrique du nord, via Carthage, mais aussi vers l’Espagne et l’Italie. 


Les Romains poursuivent naturellement cette expansion de l’olivier. A l’époque où le Vésuve détruit Pompéi et Herculanum, Pline l’Ancien (qui meurt lors de l’éruption, non loin d’Herculanum) rapporte que l’Italie avait « une excellente huile d’olive à des prix raisonnables », qui était même selon lui « la meilleure de la Méditerranée ». 


Il est donc tout à fait possible que l’huile contenue dans la bouteille retrouvée ait été produite localement…


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