Découverte archéologique

Plateforme cérémoniale maya découverte dans le Yucatan

Le paysage archéologique du Yucatán vient de s’enrichir d’une structure majeure. Dans le cadre du projet de sauvetage archéologique lié au contournement ferroviaire multimodal Mérida-Progreso, une équipe de l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH) a exhumé une plateforme cérémonielle à Yaxché de Peón, au Mexique. Sous la direction de l’archéologue Manuel Pérez Rivas, les fouilles entamées en juin 2025 mettent en lumière l’organisation sociale des premières communautés mayas.


Un espace de cohésion sociale

Le monument se présente comme une plateforme rectangulaire de 14 mètres sur 10,8 mètres, s’élevant à 0,45 mètre du sol. Sa conception est singulière : édifiée en une seule phase, elle ne supporte aucune structure résidentielle et offre un accès libre par ses quatre côtés.

Ces caractéristiques suggèrent que l’édifice n’était pas un lieu de vie, mais un espace communautaire semi-public. Il servait probablement de lieu d’assemblée pour la prise de décisions collectives ou pour la tenue de cérémonies visant à renforcer les liens sociaux au sein du groupe.


Des offrandes de fondation : symboles de fertilité et de subsistance

L’aspect le plus fascinant de cette découverte réside sous le remblai de construction, du côté nord, où deux contextes rituels distincts ont été identifiés. Ces dépôts, antérieurs à la plateforme elle-même, constituent des offrandes de fondation destinées à sacraliser l’espace.

  • Le premier dépôt : À 1,10 mètre de profondeur, les archéologues ont découvert un récipient fragmenté en forme de gourde. Dans la cosmologie mésoaméricaine, cette forme est intrinsèquement liée à la fertilité et à l’abondance alimentaire.
  • L’abri sous roche : À proximité, une cavité naturelle contenait des restes osseux (potentiellement de cerf), des fragments de céramique et un coquillage marin. Cette pratique consistant à utiliser des anfractuosités naturelles symbolisait la connexion entre le monde terrestre et l’inframonde.

Le cerf, seigneur des montagnes et pourvoyeur de prospérité.

La présence de restes de cerf dans ces offrandes est particulièrement significative. Selon la coordinatrice du projet, Susana Echeverría Castillo, cet animal était perçu comme un protecteur et un pourvoyeur de prospérité. Le dépôt de tels restes dans des récipients cérémoniels indique que la structure a probablement été érigée durant une période de grande abondance de ressources pour la communauté.

Un second contexte rituel, situé à un mètre à l’ouest du premier, a livré des céramiques datant de la période Préclassique moyenne/tardive ainsi qu’une perle circulaire en calcaire. Ces éléments confirment la volonté des anciens habitants de consacrer le lieu avant d’y ériger leur centre de vie publique.


La découverte de Yaxché de Peón offre un témoignage précieux sur la manière dont les premières sociétés mayas structuraient leur territoire. En enterrant délibérément des matériaux symboliques liés à la faune et à l’agriculture sous une architecture publique, ces populations marquaient l’acte fondateur de leur vie communautaire et de leur identité sociale. Ces travaux, qui devraient se poursuivre jusqu’à la mi-2026, promettent de continuer à révéler la profondeur historique des cultures mésoaméricaines.

Source: INAH et crédits photographiques: Iván Sosa

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