Bas-reliefs rupestres assyriens mis au jour près de Mossoul, en Irak

Dix bas-reliefs rupestres assyriens ont été dégagés par des archéologues sur le site de Faida, dans le Kurdistan irakien. Représentant des dieux chevauchant des créatures mythiques marchant en procession avec le roi, ils constituent une découverte exceptionnelle, car peu de sculptures assyriennes réalisées à même la roche sont connues. A tel point que le chef de l’expédition, Daniele Morandi Bonacossi, de l’université d’usine en Italie, considère que cette trouvaille n’a pas de pareil depuis 1845.

Les bas-reliefs décoraient autrefois les rives du canal de Faidah, qui faisait partie d’un vaste réseaux de canaux irriguant les terres environnantes et acheminant l’eau vers la capitale assyrienne, Ninive (dont les vestiges se situent aujourd’hui dans la banlieue de Mossoul), à une vingtaine de km au sud. Ce canal a probablement été aménagé sous le règne de Sargon II (-721 à -705), tandis que son fils et successeur, Sennachérib (-705 à -681), l’aurait intégré à un réseau hydraulique plus large. D’après le professeur Bonacossi, “la construction de ce système d’irrigation a été célébré par le pouvoir royal grâce à la sculpture de ces bas-reliefs rupestres”. Ces travaux étaient d’ailleurs loin d’être anodins pour l’époque, permettant de transformer de vastes régions d’agriculture sèche en zones d’agriculture irriguée, beaucoup plus productive.

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Vue de l’un des bas-reliefs.

Parmi les divinités représentées figure Ashur, le principal dieu du panthéon assyrien, ainsi que sa femme Mullissu, le dieu lunaire Sin et le dieu solaire Shamash. Les dieux sont représentés de profil, tournés vers la gauche, dans la direction vers laquelle coulait l’eau. Ils sont juchés sur des bêtes mythiques, notamment des dragons ou des lions à cornes.

Les archéologues italiens travaillaient déjà sur le site de Faidah en 2012, prolongeant des fouilles antérieures menées par les britanniques en 1973. Cependant le projet avait dû être interrompu lorsque les combattants d’ISIS s’étaient emparés de la ville voisine de Mossoul en 2014. Situé à une vingtaine de kilomètres seulement de la ligne de front, le site archéologique lui-même n’a par chance jamais été occupé – on connaît assez les dommages irréversibles infligés au patrimoine de Mossoul (par exemple aux vestiges du palais assyrien du successeur de Sennachérib), de Palmyre et de bien d’autres sites archéologiques.

Ce n’est qu’à la fin de 2019 que les archéologues ont pu revenir et recommencer leur travail sur le site. En constatant cependant des dommages : un des reliefs avait été illégalement fouillé et endommagé en mai 2019, tandis que le propriétaire d’une ferme a partiellement détruit un autre pour agrandir son étable. Pour éviter que le site ne connaisse d’autres destructions, le gouvernera de Duhok, dont il dépend, s’est engagé à garantir la protection des reliefs, probablement en clôturant le site et en assurant un service de sécurité. Les archéologues, quant à eux, vont poursuivre leurs explorations et s’attendent à trouver encore davantage de bas-reliefs.

 

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