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Un masque de jade trouvé dans la tombe-pyramide d’un roi maya de Chochkitam

Des archéologues ont découvert un masque de jade intact dans la tombe d’un roi maya à Chochkitam. Situé dans les denses forêts tropicales du Petén, une région située dans les basses terres au nord-est du Guatemala, ce site archéologique maya reste largement méconnu. Bien que ses vestiges ont été signalés dès 1909, puis étudiés dans les années 20, il est quasiment inconnu du grand public et a fait l’objet de peu de recherches approfondies. Malheureusement, il a en revanche été visité par les pilleurs qui sévissent dans la région.


Chochtikam, une cité maya de la période classique largement méconnue.

Loin de la splendeur de Tikal, de Chichen Itza ou d’autres grands centres mayas, Chochkitam était une cité d’importance moyenne, datant principalement de la période maya classique (entre 250 et 900 de notre ère), considérée comme l’apogée de la civilisation maya. C’était une cité comptant une dynastie de rois locaux.

Cependant des glyphes découverts sur un autel de Chochkitam en 2018 racontent comment la dynastie Kaanu’l avait assis son autorité sur la cité . Cette dynastie, régnant depuis Dzibanche et Calakmul, aurait imposé un pouvoir quasi hégémonique sur toutes les cités mayas de la région, notamment après avoir vaincu son principal adversaire, la grande cité de Tikal, vers 562. Pour Chochkitam, cette domination dure pendant près de deux siècles.

Puis, comme bien d’autres centres mayas, la cité est abandonnée au cours des siècles qui suivent, et disparaît sous la jungle épaisse de la région.


Une pyramide royale inconnue et partiellement pillée.

C’est au cour d’une étude LiDAR réalisée en 2021 que les archéologues localisent une pyramide inconnue. Comme le souligne l’archéologue responsable des fouilles, Francisco Estrada-Belli, cette technologie de télédétection qui consiste à envoyer des lasers à partir d’un avion pour dresser une carte numérique du terrain, a révolutionné les pratiques archéologiques autour du monde. Dans des zones très densément boisées, l’avantage de cette technologie est d’autant plus grand.

C’est comme prendre des radiographies du sol de la jungle. Cela révolutionne notre domaine. Ce n’est que maintenant que nous pouvons voir où nous allons au lieu de nous contenter de marcher dans la jungle en espérant trouver quelque chose.

Francisco Estrada-Belli

Les balayages LiDAR de l’équipe ont aussi révélé des tunnels creusés par les pilleurs dans la pyramide. Cependant, ils ont abandonné un peu tôt et en poursuivant les fouilles, les archéologues ont atteint la chambre funéraire. Son plafond de pierre s’était effondré, mais la zone était restée intouchée de toute autre perturbation.


La découverte du masque au cœur d’une pyramide royale.

Os gravé retrouvé à Chochtikam, cité maya perdue du Guatémala
Le fémur gravé et la reproduction des signes sur la gauche

A l’intérieur, les chercheurs ont fait de belles découvertes. Un crâne humain, plusieurs dents et des morceaux d’os gravés de hiéroglyphes (notamment des fémurs), ainsi qu’une boîte en pierre en forme de cercueil et d’autres offrandes funéraires. Parmi elles, plus de 16 coquilles de spondylus, un genre d’huître que la royauté maya utilisait comme monnaie d’échange et comme bijou. Mais aussi un pot et des morceaux de jade. En les rassemblant, les archéologues ont reconstitué un masque. Ce type d’objets, retrouvés dans de nombreux autres sites mayas anciens – notamment dans des sépultures royales, représentaient souvent des divinités ou des ancêtres.

Les gravures sur les ossements fournissent aussi des informations précieuses. On y voit notamment un homme tenant un masque de jade comme celui qui se trouve dans la tombe. Des hiéroglyphes épellent le nom d’ Itzam Kokaj Bahlam. Il pourrait s’agir du roi maya enterré dans la pyramide, qui aurait régné sur Chochkitam vers 350, bien avant que la cité ne passe dans l’obédience de la dynastie Kanuu’l. D’autres hiéroglyphes identifieraient le père et le grand-père du roi, et les relieraient aux grandes cités de Tikal et de Teotihuacan (près de Mexico). Certains morceaux d’os présentent par ailleurs des sculptures et des glyphes épelant le nom.

Les ossements et le masque sont des découvertes importantes qui témoignent de la richesse et de l’influence du roi enterré avec eux.

Francisco Estrada-Belli

Des analyses ADN sont prévus sur les ossements retrouvés, tandis que les recherches se poursuivent sur le site.

Crédit photo (couverture) : National Geographic (Social) – RUBÉN SALGADO ESCUDERO

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