Découverte archéologiqueEtrusques et peuples italiques

Des ceintures de guerriers dans des tombes d’enfants : une nécropole samnite révèle ses secrets

Une fouille préventive menée avant des travaux de construction sur l’emplacement d’une ancienne manufacture de tabac à Pontecagnano Faiano, au sud-est de Naples, a permis une découverte archéologique particulièrement intéressante sur les Samnites. Ce peuple italique, installé dans les montagnes de la Campanie, a également dominé la région de Naples, y compris Pompéi.


Un site à l’histoire plurimillénaire.

La nécropole de Pontecagnano est un terrain d’étude archéologique depuis les années 60. Le site recèle plus de 10000 tombes couvrant une période allant du IXe siècle avant notre ère jusqu’à l’époque romaine. Fondé à l’origine par les Étrusques, il fut ensuite occupé par les Samnites au Ve siècle avant notre ère, avant d’être occulté par Rome, qui y fonda la colonie de Picentia.

La période samnite de la nécropole, datée principalement des IVe et IIIe siècles avant notre ère, est une mine d’or pour en apprendre davantage sur cette civilisation. Elle a déjà permis la mise au jour de remarquables vestiges, notamment une tombe samnite intacte et ornée de fresques. Durant les dernières fouilles, 34 tombes ont encore été exhumées, qui correspondent en plus à une période charnière : celle des guerres samnites, un cycle de conflits brutaux entre -343 et -290, que Rome a remporté, ce qui lui a permis d’absorber les Samnites. Vaincus, ceux-ci ont laissé peu de traces monumentales et leur civilisation reste encore mal comprise, ce qui rend chaque découverte plus précieuse pour les historiens.


Un rituel funèbre chargé de symboles.

Parmi les sépultures, quinze concernent des enfants âgés de 2 à 10 ans. Ce qui a frappé les spécialistes de la Surintendance archéologique de Salerne et d’Avellino, c’est la présence de ceintures de bronze dans ces tombes – des pièces bien trop grandes pour les corps des défunts. Dans la culture samnite, la ceinture n’était pas un simple accessoire vestimentaire : elle constituait l’attribut identitaire du guerrier, signe tangible de son statut au combat.

Leur présence auprès d’enfants soulève des questions fascinantes sur les pratiques sociales de cette civilisation. Les chercheurs y voient peut-être la transmission symbolique d’un rang élevé ou d’un statut guerrier anticipé, accordé à certains enfants avant même qu’ils puissent le revendiquer par leurs actes.


Ce continuum historique fait de Pontecagnano un observatoire unique sur les transitions de pouvoir et les transformations culturelles dans le sud de la Campanie. Les rites funéraires samnites, tels qu’ils se dessinent à travers ces tombes, révèlent une société structurée, où le genre et le rang social se lisaient jusqu’dans les objets déposés auprès des morts : armes et ceintures pour les hommes, bagues et fibules pour les femmes.

Le peu de traces écrites laissées par les Samnites – notamment la modeste tablette en bronze rédigée en langue osque – rend ces contextes funéraires d’autant plus irremplaçables pour reconstituer leur monde.

Source et crédits photographiques: Superintendence d’Archéologie de Salerno et Avellino

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