Un tombeau monumental mis au jour à Olympos en Turquie
Dans les ruines de l’antique cité lycienne d’Olympos, sur la côte méditerranéenne de la province d’Antalya, une équipe archéologique turque vient de mettre au jour un tombeau monumental jusqu’alors inconnu. La découverte, réalisée dans le district portuaire du site, s’inscrit dans le cadre du projet « Heritage for the Future » du ministère turc de la Culture et du Tourisme. Elle révèle un sarcophage en marbre d’exception, témoignage rare du faste funéraire des élites romaines de Lycie.
Olympos, carrefour de civilisations.
Fondée à l’époque hellénistique, Olympos fut l’une des cités les plus importantes de la Ligue lycienne avant de devenir un port romain de premier plan. Le site conserve des vestiges couvrant plusieurs siècles d’occupation : temples, thermes, églises, rues et tombeaux monumentaux s’échelonnent dans une vallée fluviale à proximité de la Méditerranée, témoignant de la succession des périodes hellénistique, romaine et byzantine.
Pour Gökçen Kurtuluş Öztaşkın, chaque sépulture est un document historique à part entière. « Chaque tombeau raconte une histoire sur Olympos, dit-elle. Les traditions funéraires nous renseignent sur la façon dont vivaient les gens et permettent de les relier à l’histoire du site. »
Un troisième tombeau monumental identifié.
Jusqu’à cette campagne de fouilles, les chercheurs n’avaient recensé que deux tombeaux monumentaux dans ce secteur du site. La professeure associée Gökçen Kurtuluş Öztaşkın, directrice des fouilles d’Olympos, confirme que la structure nouvellement identifiée constitue bien un troisième édifice funéraire de ce type, dont l’existence n’avait jamais été documentée. La chambre funéraire voûtée atteint près de dix mètres de hauteur, une dimension qui suffit à attester l’importance sociale de celui ou celle qui y fut inhumé.
Le tombeau se situe dans le district portuaire de la ville antique, une zone où les sépultures semblent refléter la hiérarchie sociale et l’influence politique des grandes familles d’Olympos.

Un sarcophage en marbre d’Afyonkarahisar.
À l’intérieur de la chambre, les fouilleurs ont mis au jour un sarcophage en marbre de haute qualité, extrait des carrières d’İscehisar, dans la province d’Afyonkarahisar – une région réputée dans l’Antiquité pour la production de ce matériau. L’importation d’un tel marbre depuis une région distante souligne le rang exceptionnel du défunt au sein de la cité.
Le sarcophage porte un programme décoratif caractéristique de l’aristocratie romaine : des scènes de chasse, symboles de richesse et d’autorité, côtoient des représentations de Niké, déesse de la victoire, et d’Éros. Ces figures mythologiques renvoient à des conceptions de la gloire, de la continuité et de la vie après la mort très répandues dans l’iconographie funéraire de la période impériale.
Une restauration minutieuse en cours.
Le sarcophage a été retrouvé dans un état très fragmenté : les archéologues ont dénombré une cinquantaine de morceaux brisés pour la seule partie inférieure du coffre. Un travail de restauration a été immédiatement engagé, consistant à nettoyer, stabiliser et réassembler chaque fragment avant repose. Une opération similaire avait déjà été menée l’année précédente sur deux autres sarcophages du site, reconstitués à partir de 722 fragments au total.
Une fois la restauration achevée, le tombeau devrait être intégré au parcours de visite de la ville antique, permettant au public de découvrir ce témoignage exceptionnel du passé lycien.
Crédits photographiques: AA