Découverte archéologiqueXVIIIe

Des ossements royaux découverts dans la crypte de la cathédrale de Berlin ?

Dans la cathédrale de Berlin, la crypte des Hohenzollern accueille les restes de la famille régnante de Prusse puis d’Allemagne depuis 500 ans. Mais les nombreuses visites de la crypte – 720000 personnes y sont descendues en 2015 – rendent l’air chaud et humide, et des traces de moisissures ont été relevées sur les cercueils royaux. Des travaux de restauration ont donc été lancés depuis quelques mois pour installer un système de ventilation et ont entraîné une découverte inattendue.

Les mystères d’un cercueil pas si vide que ça.

Le cercueil 93 dans la crypte de la cathédrale. Credits : Wolf Lux.

Au cours des travaux de restauration, le cercueil 93 a été ouvert. L’identité de son occupant n’était pas connue, et de fait les historiens le pensaient vides depuis la seconde guerre mondiale, au cours de laquelle la cathédrale et la crypte avaient été sévèrement endommagées.

Or, surprise, à l’intérieur du cercueil se trouvait un cercueil plus petit, en zinc, similaire à ceux dans lesquels furent rassemblés les ossements épars recueillis dans les débris après les bombardements de 1944, alors qu’il était impossible de savoir à qui ils appartenaient.

Les restes de la reine Christine ?

Portrait de la reine par Antoine Pesne, 1739.

Les historiens pensent que ces ossements pourraient appartenir à la reine Elizabeth Christine, épouse malheureuse du plus grand roi de Prusse, Frédéric II. Nièce du saint Empereur, elle épousa le futur roi en 1736, mais ce mariage se révéla vite un échec, le roi préférant la compagnie masculine. Les époux vécurent séparés, ne se rencontrant que très occasionnellement, et n’eurent pas d’enfants.

A sa mort en 1797, la reine fut ensevelie dans la crypte de la cathédrale de Berlin, dans un humble cercueil de bois avec des poignées argentées, comme elle l’avait souhaité.

Les dommages de la seconde guerre mondiale.

La coupole effondrée de la cathédrale.

Il n’en reste aujourd’hui plus rien. Le 24 mai 1944, lors d’une attaque aérienne, une bombe incendiaire traversa la couverture de cuivre du toit de la cathédrale et mit le feu à la charpente de bois. Les équipes de lutte anti-incendie ne parvinrent pas à atteindre le foyer, et la lanterne coiffant la coupole finit par s’effondrer, endommageant gravement l’intérieur, et notamment la crypte. Le cercueil de la reine Christine, qui se trouvait alors à la verticale de la coupole, fut complètement détruit.

Les chercheurs envisagent aujourd’hui de se livrer à des tests ADN et des discussions ont été engagées avec la famille. Le processus pourrait cependant se révéler long et coûteux, car il est possible que les restes de plusieurs personnes soient mêlés. Mais si les historiens ont raison, la reine Christine pourrait retrouver sa place parmi les 94 sarcophages et cercueils de la dynastie Hohenzollern reposant encore dans la crypte.

 

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